Le president du MFA, Yaya Fofana, à gauche sur la photo
Le président du Mouvement des Forces d’Avenir, Yaya Fofana, rend hommage au professeur Alphonse Djédjé Mady, figure majeure de la politique ivoirienne et bâtisseur du rassemblement houphouëtiste, décédé à 81 ans, au service public ivoirien.
Abidjan, le 25 août 2026 – Le président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA), Yaya Fofana, a rendu hommage au professeur Alphonse Djédjé Mady, décédé le dimanche 23 août 2026 à l’âge de 81 ans. Il salue la mémoire d’un homme d’État dont le parcours a profondément marqué la médecine, l’université et la vie politique ivoirienne.
Ancien ministre de la Santé, parlementaire, secrétaire général du PDCI-RDA et ancien président du Conseil régional du Haut-Sassandra, Alphonse Djédjé Mady laisse l’image d’un responsable politique expérimenté, attaché au service public et au développement de sa région.
Son nom demeure également associé à la création, en 2005, du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Cette alliance réunissait alors le PDCI-RDA, le Rassemblement des républicains (RDR), l’Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) et le Mouvement des Forces d’Avenir (MFA).
Dans une Côte d’Ivoire fragilisée par une profonde crise politico-militaire, la constitution de cette coalition représentait un pari sur le dialogue entre des formations politiques aux trajectoires distinctes. Président du Directoire du RHDP, Alphonse Djédjé Mady participa à l’organisation de l’alliance, au rapprochement de ses composantes et au règlement de leurs divergences.
Pour Yaya Fofana, le défunt fut « l’un des gardiens du lien » entre les partis fondateurs. Son rôle aurait contribué à faire passer le RHDP d’une convergence circonstancielle à une force politique structurée.
Un héritage politique fondé sur le dialogue
Au-delà des responsabilités exercées, l’hommage du président du MFA met en lumière une certaine conception de l’action publique : la compétition politique ne devrait jamais prévaloir sur la paix civile, la cohésion nationale et le respect de la dignité humaine.
Cette vision confère à l’œuvre d’Alphonse Djédjé Mady une portée qui dépasse les évolutions institutionnelles et les recompositions partisanes. Les alliances peuvent changer et les organisations se transformer, mais les contributions à l’histoire politique nationale demeurent inscrites dans la mémoire collective.
Le MFA, membre fondateur du RHDP en 2005, revendique une relation particulière avec cet héritage. Selon son président, rendre hommage à Alphonse Djédjé Mady revient à reconnaître le mérite d’une génération ayant choisi de construire des passerelles dans une période où les divisions menaçaient l’unité nationale.
Yaya Fofana invite ainsi les nouvelles générations politiques à préserver les principes essentiels de cet héritage : la recherche du compromis, le respect de l’adversaire, le dialogue malgré les divergences et la primauté de l’intérêt national.
Il souligne toutefois que la fidélité politique ne consiste pas à reproduire mécaniquement les positions ou les alliances du passé. Elle doit plutôt conduire à sauvegarder les valeurs qui leur donnaient sens. Dans cette perspective, l’héritage houphouëtiste ne saurait être réduit à un parti, à une génération ou à une stratégie électorale. Il devrait rester une exigence de paix, de rassemblement et de responsabilité.
« Les hommes passent, les fonctions s’achèvent et les configurations politiques changent. Mais les principes survivent aux circonstances »
Le président du MFA salue enfin le fils du Haut-Sassandra, dont le parcours, de la médecine aux responsabilités gouvernementales, parlementaires, politiques et territoriales, témoigne d’une vie consacrée au service de l’État et des populations.
Au nom du MFA et en son nom personnel, Yaya Fofana présente ses condoléances à la famille du défunt, au PDCI-RDA, aux populations du Haut-Sassandra, à ses compagnons politiques ainsi qu’à tous ceux qui ont partagé son parcours.
« Les hommes passent, les fonctions s’achèvent et les configurations politiques changent. Mais les principes survivent aux circonstances », conclut-il, estimant que l’œuvre d’Alphonse Djédjé Mady appartient désormais au patrimoine politique de la Nation.
Athanase Kangah