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[Depuis la France] Kah Zion alerte sur le foncier rural, la formation des jeunes et le retard des infrastructures dans la région du Cavally

[Depuis la France]  Kah Zion alerte sur le foncier rural, la formation des jeunes et le retard des infrastructures dans la région du Cavally

Une vue de la table de séance

À Choisy-le-Roi, le maire de Toulépleu, Kah Zion Denis, alerte sur le foncier rural dans le Cavally, qu’il qualifie de « bombe à retardement », appelant à une sécurisation urgente pour prévenir d’éventuels conflits sociaux.

CHOISY-LE-ROI (France), 27 juin 2026 (crocinfos) – Le maire de Toulépleu, Kah Zion Denis, a lancé samedi à Paris un avertissement appuyé sur la situation du foncier rural dans la région du Cavally (sud-ouest de la Côte d’Ivoire), qu’il qualifie de « bombe à retardement », appelant à une action urgente des autorités et des communautés.

S’exprimant lors d’une rencontre organisée par l’Association des femmes de la diaspora du Cavally NOUDJIN, l’élu, parrain de la cérémonie, a dressé un tableau préoccupant des défis de sa région, estimant que celle-ci se trouve « à la croisée des chemins » entre dynamiques de développement et fragilités structurelles persistantes.

Au cœur de son intervention, la question foncière a été présentée comme la principale source de risques sociaux. « L’autre urgence concerne le foncier rural. La bombe à retardement est toujours là », a-t-il déclaré, évoquant les tensions liées à la propriété des terres, à leur transmission et aux procédures de sécurisation foncière.

Selon lui, les incompréhensions persistantes autour du certificat foncier et les pratiques de cession non encadrées constituent un facteur potentiel de conflits futurs, malgré les efforts de sensibilisation engagés par les structures compétentes. Il a appelé à une implication accrue des élus, des cadres locaux et de la diaspora dans la prévention de ces risques.

Le maire, en fonction depuis 2013 et à la tête de sa commune pour un troisième mandat, a par ailleurs salué l’engagement des femmes de NOUDJIN, qu’il considère comme un relais important entre la diaspora et les populations restées au pays. Il a encouragé le renforcement des initiatives de solidarité en faveur des femmes rurales et des projets communautaires.

Sur le plan local, Kah Zion Denis a rappelé les réalisations de sa municipalité depuis la crise postélectorale, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’électrification et de l’accès à l’eau. Il a indiqué que le budget communal est passé d’environ 147 millions à près de 1,3 milliard de francs CFA en une décennie.

Malgré ces avancées, l’élu a souligné que les besoins demeurent importants et dépassent les capacités des collectivités locales, appelant à un soutien renforcé de l’État, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des ressortissants vivant à l’étranger.

Sur les infrastructures, il a reconnu des progrès dans l’électrification et la construction d’écoles primaires, tout en déplorant les retards dans l’approvisionnement en eau potable et l’état de plusieurs axes routiers stratégiques.

Il a notamment cité la lenteur des travaux sur l’axe Zouan-Hounien–Bin-Houyé–Toulépleu, qu’il a qualifié de chantier avançant « au petit trot depuis six ans », et la situation jugée plus critique encore de la route de Taï, toujours selon lui au stade d’annonce malgré son importance économique.

Ces difficultés affectent directement les activités agricoles et commerciales, les producteurs peinant à écouler leurs produits et les populations à accéder aux services de base.

Au-delà des infrastructures, Kah Zion Denis a mis en garde contre deux autres défis majeurs : le chômage des jeunes et l’absence de dispositifs de formation professionnelle adaptés. Il a dénoncé le manque de centres techniques dans la région, estimant que cette carence pousse de nombreux jeunes vers des activités précaires comme les moto-taxis, exposées à des risques élevés.

Sur le plan politique et social, l’élu a également insisté sur la nécessité de préserver la cohésion sociale, estimant que la stabilité de la région résulte des efforts conjoints de l’ensemble des acteurs politiques et sociaux. « La paix ne peut pas être l’œuvre d’un seul camp », a-t-il affirmé.

En conclusion, il a appelé les membres de la diaspora à investir dans leurs régions d’origine, notamment à Guiglo, Taï, Bloléquin et Toulépleu, et à contribuer au développement local par des projets économiques et sociaux structurants.

Pour Kah Zion Denis, l’avenir du Cavally dépendra de la capacité collective à sécuriser le foncier rural, améliorer les infrastructures, former la jeunesse et consolider la cohésion sociale, dans un contexte qu’il décrit comme décisif pour la trajectoire de la région.


Une collaboration extérieure de Guéhi Franck depuis CHOISY-LE-ROI