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La Côte d’Ivoire, à un moment charnière de son histoire, cherche à préserver la paix et la stabilité à travers un dialogue inclusif et une gouvernance responsable. L’unité et l’engagement du peuple en sont les clés essentielles.
Par Yaya Fofana, président du MFA
La Côte d’Ivoire se tient aujourd’hui à un moment déterminant de son histoire. Les évolutions en cours, visibles ou plus discrètes, traduisent une dynamique profonde qui appelle à la lucidité, à la responsabilité et à la vision.
Au-delà des mouvements politiques et des recompositions en cours, une exigence s’impose à tous préserver durablement la stabilité et préparer avec sérénité l’avenir de la Nation.
Une Nation ne se maintient pas par hasard. Elle se construit, elle se protège et elle se transmet.
Notre pays a traversé des épreuves dont les enseignements demeurent vivants dans la conscience collective. Les blessures du passé, les fractures sociales et les incertitudes qu’elles ont engendrées constituent un rappel permanent de notre devoir de vigilance.
Ce que nous avons vécu ne doit jamais être oublié, car une Nation qui oublie ses épreuves s’expose à les revivre.
La paix, fruit d’efforts constants et de sacrifices partagés, ne saurait être considérée comme acquise. Elle doit être consolidée, protégée et transmise.
La paix n’est jamais un acquis, elle est un effort permanent.
Aujourd’hui, le peuple ivoirien exprime une aspiration claire et légitime
vivre dans un pays apaisé, travailler dans la dignité et offrir à ses enfants un avenir porteur d’espérance.
Les institutions de la République poursuivent leur mission avec engagement et détermination. Elles constituent les piliers de l’État. Mais la solidité d’une Nation ne repose pas uniquement sur ses institutions. Elle se fonde avant tout sur l’adhésion du peuple et sur la confiance qui lie les citoyens à l’action publique.
Un État fort sans peuple engagé est un édifice fragile
Cette confiance se construit dans l’écoute, dans la proximité et dans la reconnaissance des réalités vécues par les populations, aussi bien dans les centres urbains que dans les quartiers populaires, les villages, les campements et les zones rurales.
Les jeunes, les femmes, les travailleurs, les agriculteurs, les éleveurs et l’ensemble des forces vives de la Nation portent, chaque jour, l’effort collectif de développement. Leur engagement constitue la véritable richesse du pays.
La première richesse d’une Nation n’est ni son or ni ses ressources, mais son peuple.
La Côte d’Ivoire est forte de sa diversité politique, ethnique et religieuse. Cette diversité, héritage de notre histoire et richesse de notre Nation, constitue le socle de notre cohésion.
La diversité n’est pas une faiblesse. Elle est une force lorsqu’elle est organisée, respectée et mise au service de l’unité.
Les partis politiques, par leurs trajectoires, leurs sensibilités et leurs contributions, participent à la vitalité démocratique. Cette diversité doit être organisée, valorisée et intégrée dans une logique de cohésion nationale.
Dans l’héritage de Félix Houphouët-Boigny, la gouvernance de l’État repose sur des principes clairs
le dialogue, l’ouverture, le respect des différences et la recherche constante du consensus.
Il n’y a pas de stabilité durable sans dialogue sincère, et pas de dialogue sincère sans respect mutuel.
L’inclusion des partis politiques dans la conduite des affaires publiques ne constitue pas une concession. Elle est une exigence de stabilité.
Exclure fragilise, inclure renforce.
Gouverner, ce n’est pas seulement répondre aux exigences du présent. Gouverner, c’est aussi préparer l’avenir, organiser la continuité et garantir la transmission des acquis dans la paix et dans l’unité.
Le pouvoir n’a de sens que s’il prépare ce qui lui survivra.
À l’horizon 2030, le véritable enjeu ne résidera pas dans les trajectoires individuelles. Il résidera dans la capacité collective à préserver les fondements de l’État et à maintenir la cohésion nationale.
Une transition réussie n’est pas celle qui désigne un successeur, mais celle qui protège la Nation.
Dans cette perspective, trois orientations essentielles doivent guider l’action.
Instaurer un cadre permanent de dialogue entre l’État et l’ensemble des partis politiques.
Renforcer la proximité entre l’action publique et les populations, en mobilisant pleinement les quartiers populaires, les villages et l’ensemble des territoires.
Construire un pacte de responsabilité pour une transition apaisée à l’horizon 2030.
La Côte d’Ivoire, fidèle à l’enseignement de Félix Houphouët-Boigny, doit continuer à faire de la paix le fondement de son action. La paix n’est pas un mot. Elle est une discipline collective.
Elle appelle à la retenue, au dialogue et à la responsabilité. Notre Nation mérite une paix durable, enracinée dans la justice, dans l’équité et dans l’inclusion.
Une paix imposée ne dure pas. Une paix construite perdure
L’histoire nous enseigne que la grandeur d’un pays ne se mesure pas à la durée d’un pouvoir, mais à sa capacité à bâtir des institutions solides et à transmettre un héritage de stabilité. Les grandes Nations ne se construisent pas dans la domination, mais dans l’équilibre. Car au-delà des différences, au-delà des parcours et des convictions, une seule exigence doit nous rassembler servir la Nation.
Aujourd’hui, plus que jamais, le temps est venu de faire bloc, de faire Nation, de faire destin commun.
L’unité n’est pas une option. Elle est une nécessité. C’est dans cette responsabilité partagée que se construira une Côte d’Ivoire réconciliée avec elle-même, consciente de son destin et résolument engagée sur le chemin de la paix et du progrès.
Fait, le 27 mars 2026