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Les 16 et 17 novembre 2026, Cotonou accueillera la 6ᵉ édition du Cyber Africa Forum, qui réunira plus de 1 500 décideurs autour de la confiance numérique, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité.
Abidjan, le 28 octobre 2026 (crocinfos.net) - La confiance numérique s’impose au cœur des enjeux de transformation du continent africain. Pour répondre aux défis liés à la cybersécurité, à l’intelligence artificielle (IA) et à la souveraineté numérique, le Cyber Africa Forum (CAF) organisera sa 6ᵉ édition les 16 et 17 novembre 2026, au Sofitel Cotonou Marina Hôtel & Spa, au Bénin. Plus de 1 500 décideurs des secteurs public et privé sont attendus à ce rendez-vous placé sous le thème « Construire la confiance numérique de demain ».
Organisé par Kaydan Groupe, en collaboration avec les ministères béninois de la Transformation digitale et de l’Innovation, ainsi que de l’Économie et des Finances, le forum entend favoriser les échanges entre responsables publics, experts, investisseurs, entrepreneurs et acteurs de l’écosystème numérique africain.
Cybersécurité et confiance numérique : des défis stratégiques
Cette édition intervient dans un contexte marqué par la progression des cybermenaces et l’accélération de la transformation numérique en Afrique. La dématérialisation des services publics, l’essor des paiements électroniques et l’intensification des échanges commerciaux renforcent les exigences en matière de protection des systèmes informatiques et des données.
Selon les chiffres attribués à Interpol dans les éléments communiqués par les organisateurs, l’intelligence artificielle intervient désormais dans 55 % des cybercrimes signalés en Afrique. Les pertes déclarées seraient passées de 192 millions de dollars en 2024 à 484 millions en 2025.
Le secteur financier est également confronté à ces enjeux. La cinquième édition du Baromètre de l’industrie financière africaine, réalisée par Deloitte et l’Africa Financial Summit (AFIS), indique que 97 % des répondants placent la cybersécurité en tête des évolutions réglementaires souhaitées.
Dans ce contexte, le développement de l’identité numérique, la généralisation des paiements digitaux et la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) rendent indispensable le renforcement de la sécurité des infrastructures et des échanges numériques.
L’intelligence artificielle et la souveraineté au programme
Les travaux du Cyber Africa Forum 2026 accorderont une place importante à la gouvernance de l’intelligence artificielle et à la souveraineté numérique. Le programme prévoit notamment un panel d’ouverture consacré au cadre juridique et administratif nécessaire à un usage responsable et souverain de l’IA.
Un débat intitulé « IA, cinq ans plus tard : l’innovation est-elle au rendez-vous ? » permettra également d’interroger les avancées de cette technologie et ses effets sur les économies africaines.
D’autres sessions porteront sur les crises de confiance numérique, la cyberdiplomatie, les limites des règles internationales dans le cyberespace et les mécanismes de financement de l’économie numérique africaine.
La sécurité des paiements électroniques et les risques associés à la centralisation des données d’identité figureront aussi parmi les sujets abordés. Les échanges devront permettre d’examiner les conditions nécessaires à la construction d’un environnement numérique plus sûr, fiable et adapté aux besoins du continent.
Les industries créatives et les talents à l’honneur
Au-delà des questions de sécurité, cette 6ᵉ édition entend mettre en lumière les opportunités offertes par le numérique dans plusieurs secteurs d’activité.
La place des femmes dans l’écosystème technologique, la recherche et le développement, ainsi que les applications de l’intelligence artificielle dans la mode, la musique, le sport et les arts seront notamment examinées dans le cadre du programme « Tech 4 Creative Industries ».
Les ministres de la Culture du Bénin et du Rwanda sont annoncés à cette session, qui vise à souligner le potentiel des technologies numériques dans la création, la valorisation des talents et le développement des industries culturelles et créatives africaines.
Trois scènes pour favoriser les échanges
Le forum s’articulera autour de trois espaces complémentaires. Le Digital Africa Stage accueillera les séances plénières et les tables rondes, tandis que l’Innovation Talk sera consacré aux interventions inspirantes. L’Agora de la Tech, pour sa part, mettra l’accent sur les solutions technologiques et l’entrepreneuriat numérique africain.
Le programme comprendra également des conférences, des sessions de réseautage et le CAF CIO/CISO Club, destiné aux directeurs des systèmes d’information (DSI) et aux responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI).
Des rencontres d’affaires entre entreprises et administrations, selon les formats B2B et B2G, sont également prévues afin de favoriser la création de partenariats et de nouvelles opportunités de collaboration.
La cérémonie d’ouverture est annoncée pour le lundi 16 novembre à 9 h 30. Elle sera marquée par des allocutions officielles, une remise de prix et la signature de conventions. La clôture du forum est prévue le mardi 17 novembre à 18 h.
HackerLab 2026 : 80 finalistes attendus à Cotonou
En marge du forum, la cybersécurité sera également mise à l’honneur à travers le HackerLab 2026. Organisée par l’Agence des systèmes d’information et du numérique (ASIN), en partenariat avec le Cyber Africa Forum, cette compétition réunira 80 finalistes pour une épreuve de cybersécurité de 48 heures, du 15 au 17 novembre, au Golden Tulip.
Cette initiative vise à valoriser les compétences techniques et à mettre en avant les talents capables de contribuer à la sécurisation des infrastructures numériques africaines.
Des recommandations et des partenariats durables attendus
Pour Franck Kié, président de Ciberobs et commissaire général du Cyber Africa Forum, cette édition doit permettre aux participants de repartir avec des perspectives concrètes et de nouvelles possibilités de coopération.
« Nous avons conçu cette édition pour que chaque participant, qu’il soit décideur public, expert en cybersécurité, investisseur, entrepreneur ou étudiant, reparte de Cotonou avec des perspectives concrètes et de nouvelles opportunités de collaboration », souligne-t-il.
L’ambition affichée est de faire du forum un espace où les discussions débouchent sur des recommandations, des partenariats et des initiatives durables au service de la transformation numérique du continent.
Lancé en 2020 par Ciberobs, le Cyber Africa Forum est devenu un rendez-vous annuel consacré au numérique, à la cybersécurité et à l’intelligence artificielle en Afrique. Selon les données communiquées par les organisateurs, ses cinq premières éditions ont rassemblé plus de 6 000 participants, plus de 100 partenaires et sponsors, ainsi que des représentants de plus de 50 pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie. Plus de 500 rendez-vous d’affaires y ont également été organisés.
À Cotonou, les 16 et 17 novembre prochains, cette nouvelle édition entend ainsi contribuer à une réflexion collective sur les conditions d’une transformation numérique africaine fondée sur la confiance, la sécurité et la souveraineté.
Médard KOFFI