Yaya Fofana, président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA)
La Côte d'Ivoire entre dans une nouvelle phase de son histoire politique avec une législature renouvelée. La stabilité actuelle doit se transformer en un progrès partagé, fondé sur la confiance, le dialogue et l'éthique publique.
Par Yaya Fofana, président du MFA
La Côte d’Ivoire ouvre une nouvelle étape de sa vie politique avec une législature renouvelée, un gouvernement reconduit et des attentes populaires toujours plus exigeantes. Dans ce moment particulier de notre histoire institutionnelle, une interrogation essentielle s’impose à nous collectivement. Que ferons-nous de la stabilité dont bénéficie aujourd’hui notre pays ?
Notre Nation connaît le prix des crises et des ruptures. Les institutions fonctionnent avec régularité, la continuité de l’État est assurée et le cadre républicain demeure solide. Mais la démocratie ne se résume ni à la permanence des institutions ni à la succession des échéances électorales. Elle se mesure avant tout à la confiance réelle entre le peuple et ceux qui exercent la responsabilité publique en son nom.
La nouvelle législature porte une responsabilité majeure. Elle doit contribuer à renforcer durablement le lien entre l’État et le citoyen en faisant du Parlement un espace vivant de débat, de contrôle et de proposition. Les Ivoiriens attendent des élus proches des réalités quotidiennes, attentifs aux préoccupations sociales et pleinement engagés dans la défense de l’intérêt général.
La stabilité institutionnelle n’a de valeur que lorsqu’elle améliore concrètement la vie des populations. Gouverner dans la durée exige transparence, écoute et capacité d’adaptation. L’action publique se renforce lorsqu’elle accepte le regard démocratique, la critique constructive et l’évaluation permanente, dans le respect scrupuleux de la loi et des institutions.
Majorité et opposition sont appelées à incarner une même exigence de maturité républicaine. La majorité consolide sa légitimité par la mesure et l’inclusion. L’opposition élève le débat lorsqu’elle propose, éclaire et contribue à enrichir les choix collectifs. La démocratie progresse lorsque le dialogue construit plutôt qu’il n’oppose.
Il devient indispensable de replacer l’éthique publique au centre de notre engagement commun. L’exemplarité des responsables publics demeure la première condition de la confiance citoyenne. Transparence, responsabilité et respect des règles communes doivent rester les fondements d’une gouvernance crédible et durable.
La stabilité doit devenir un levier de confiance et la confiance un moteur de progrès partagé. Cela suppose une gouvernance plus ouverte, attentive à la participation citoyenne et fondée sur le dialogue constant avec l’ensemble des forces vives de la Nation.
Notre génération politique a le devoir de dépasser les clivages hérités du passé pour bâtir une culture du respect et de la responsabilité. La Côte d’Ivoire se renforcera durablement lorsque l’expérience acquise dans la conduite de l’État saura rencontrer, dans la confiance, l’engagement d’une nouvelle génération prête à poursuivre l’œuvre commune dans la fidélité aux acquis républicains, afin que l’évolution naturelle des responsabilités demeure un facteur d’apaisement et de stabilité pour la Nation.
Dans l’histoire des grandes Nations, la continuité véritable réside dans la capacité à préparer l’avenir tout en honorant le chemin déjà parcouru.
L’ouverture de cette législature peut être un moment ordinaire de la vie institutionnelle ou devenir le point de départ d’un pacte renouvelé entre l’État et le peuple. Ce choix nous appartient collectivement.
La Côte d’Ivoire mérite une démocratie exigeante, apaisée et confiante en son avenir. Le pouvoir n’est pas une possession. Il est une mission temporaire exercée au service exclusif de la Nation.
Les grandes œuvres d’État trouvent leur accomplissement lorsque la stabilité qu’elles ont construite devient le socle d’une confiance transmise, librement assumée et paisiblement prolongée au service de tous.
Parce qu’au final, ce ne sont pas les hommes qui grandissent les institutions, mais les institutions solides qui permettent aux Nations de traverser le temps avec dignité, dans le dialogue, la paix et le respect de la parole donnée.
Fait à Abidjan, le 14 février 2026