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C R O C I N F O S

[Côte d’Ivoire] Le moment de retrouver la vitesse de l’État (libre opinion)

[Côte d’Ivoire] Le moment de retrouver la vitesse de l’État (libre opinion)

Yaya Fofana, président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA)

La Côte d’Ivoire, à un carrefour crucial, doit transcender sa stabilité actuelle pour impulser un mouvement national fort, en réajustant son action publique pour répondre aux exigences d’un développement accéléré.

Par Yaya Fofana, président du MFA

Il est des moments dans la vie d’une Nation où la stabilité, si précieuse soit-elle, ne suffit plus à porter l’élan collectif. Elle rassure, elle protège, elle consolide. Mais vient toujours un temps où elle doit se transformer en mouvement, en énergie, en projection.

La Côte d’Ivoire se trouve aujourd’hui à ce carrefour.

Deux mois après la mise en place du gouvernement, les institutions fonctionnent, l’État tient, les équilibres sont préservés. Mais au-delà de cette solidité apparente, une attente s’installe, diffuse mais perceptible. Celle d’une impulsion plus nette, d’un rythme plus affirmé, d’une direction pleinement ressentie.

Car gouverner ne consiste pas uniquement à maintenir. Gouverner, c’est conduire. C’est donner le tempo. C’est créer les conditions d’une dynamique qui entraîne l’ensemble de la Nation dans une même direction.

La continuité choisie a sa logique. Elle témoigne d’une volonté de préserver les acquis et de sécuriser les équilibres essentiels. Mais toute continuité, pour rester féconde, doit savoir se réinventer. Elle doit s’ajuster, se renouveler, et parfois se reconfigurer pour demeurer en phase avec les exigences du moment.

L’histoire des grandes Nations enseigne que les périodes les plus décisives ne sont pas toujours celles des ruptures visibles, mais celles où, dans la continuité apparente, se prennent les décisions qui redonnent de la vitesse à l’action publique.

Comme le rappelait le Président Félix Houphouët-Boigny, la paix véritable ne se limite pas à l’absence de tensions. Elle se construit chaque jour par la justesse des décisions et la capacité à agir au moment opportun.

Aujourd’hui, les signaux sont connus. L’administration attend des orientations claires. Les initiatives existent, mais elles demeurent encore dispersées. Les capacités sont là, mais elles demandent à être pleinement alignées pour produire leur effet.

Dans une telle configuration, un signal venu du sommet, lisible, assumé et structurant, a le pouvoir de transformer l’attente en action, et la prudence en engagement.

Il ne s’agit pas de rompre. Il s’agit d’élever. Il ne s’agit pas de corriger. Il s’agit d’optimiser. Il ne s’agit pas de remettre en cause les équilibres, mais de leur redonner toute leur efficacité à travers des ajustements lucides et une organisation pleinement en phase avec le tempo national.

Car le rythme d’un État ne se décrète pas. Il se construit. Il se traduit dans la cohérence des décisions, dans la clarté des orientations, et dans la capacité des équipes à incarner, sans hésitation, la vision qui leur est confiée.

Dans toute République, l’autorité véritable ne réside pas seulement dans la durée, mais dans la capacité à se réinterroger, à se réorganiser et à se renouveler pour rester en phase avec l’intérêt supérieur de la Nation.

Car les institutions vivent par leur stabilité, mais elles progressent par la qualité des hommes et des décisions qui les incarnent à chaque étape de leur évolution.

La Côte d’Ivoire dispose de tous les atouts pour franchir une nouvelle étape de son développement. Mais cette étape exige plus qu’une stabilité consolidée. Elle appelle une impulsion claire, une organisation adaptée et une mobilisation totale des énergies.

Les peuples reconnaissent toujours le moment où un cap devient mouvement.

Et dans la trajectoire des Nations, ce moment appartient à ceux qui savent, au bon instant, donner le signal juste.

L’histoire ne se souvient jamais des temps d’attente, elle se souvient de ceux qui ont su, au bon moment, rompre l’inertie et donner à la Nation sa vitesse.


Fait, le 22 mars 2026