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C R O C I N F O S

[Déclaration de patrimoine en Côte d’Ivoire] Des députés face à l’exigence de bonne gouvernance

[Déclaration de patrimoine en Côte d’Ivoire] Des députés face à l’exigence de bonne gouvernance

À titre d'illustration

En Côte d’Ivoire, la faible déclaration de patrimoine des députés suscite des interrogations à l’approche de la Journée africaine de lutte contre la corruption 2026, relançant le débat sur la transparence et la redevabilité publique.

ABIDJAN (Côte d’Ivoire), 5 juillet 2026 (crocinfos)----À l’approche de la Journée africaine de lutte contre la corruption 2026, la question de la transparence des élus refait surface en Côte d’Ivoire, dans un contexte où l’exigence de redevabilité publique demeure un pilier de l’État de droit.

Le 27 décembre 2025, 255 députés ont été élus à l’Assemblée nationale pour représenter la nation, voter les lois et contrôler l’action du gouvernement. Cette mission de contrôle suppose une exemplarité irréprochable, notamment en matière de transparence patrimoniale. Or, la déclaration de patrimoine auprès de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG) révèle une situation préoccupante : à ce jour, plus de six mois plus tard, à peine 23 % des députés ont effectivement satisfait à cette obligation légale, soit environ une soixantaine d’élus sur 255.

Ce retard interroge d’autant plus qu’il concerne des représentants du peuple, censés incarner la rigueur et la probité. L’ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale, aujourd’hui à la tête de l’institution parlementaire, Patrick Achi, rappelle avec insistance que la transparence constitue « une exigence de la démocratie et une attente légitime des citoyens ». Cette position s’inscrit dans la continuité de la vision portée par le président de la République Alassane Ouattara, qui fait de la bonne gouvernance un axe central de l’action publique.

Sur le plan juridique, la déclaration de patrimoine n’est pas un simple acte symbolique. Elle constitue un mécanisme de prévention de la corruption, permettant d’identifier les risques de conflits d’intérêts, de tracer l’évolution des biens des agents publics et de protéger les élus eux-mêmes contre d’éventuelles accusations d’enrichissement illicite. Elle engage une logique de redevabilité : « Je gère des ressources publiques, je rends compte de ce que je possède ».

Dans ce contexte, le Parlement, en tant qu’institution clé de la démocratie représentative, se trouve à la barre du peuple. Opposants, indépendants ou membres de la majorité, tous les députés sont soumis à la même exigence de transparence. À l’heure où la lutte contre la corruption demeure une priorité continentale, notamment dans le cadre de la Journée africaine de lutte contre la corruption, l’attente citoyenne est claire : l’exemplarité ne peut être sélective.

La crédibilité des institutions dépend désormais de la capacité des élus à transformer les principes en actes.


Koné Sériba