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[Bouna : Djokhabinan 2026] Un panel scientifique interroge l’unité du rameau Lobi comme levier de paix et de développement dans le Bounkani

[Bouna : Djokhabinan 2026] Un panel scientifique interroge l’unité du rameau Lobi comme levier de paix et de développement dans le Bounkani

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À Bouna, experts, chercheurs et chefs traditionnels ont exploré le rôle de l’unité du peuple Lobi comme moteur de paix, de sécurité et de développement durable, lors d’un panel scientifique du Djokhabinan 2026.

Bouna, le 2 mai 2026 (crocinfos.net) – À Bouna, un panel scientifique du Djokhabinan 2026 met en lumière l’unité du peuple Lobi comme levier de paix, de sécurité et de développement durable dans la région du Bounkani.

En marge de la 7ᵉ édition du Djokhabinan 2026, placée sous le thème « ADO FÈRÈ HINAN FUORI », la chefferie centrale des Lobi de Côte d’Ivoire a accueilli, ce samedi 02 mai 2026, un panel scientifique de haut niveau consacré à une problématique majeure : l’unité du rameau Lobi comme levier stratégique pour la stabilité et le développement socio-économique du Bounkani.

Le panel a réuni des experts de divers horizons

Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants et des tensions sociales dans certaines zones frontalières, cette rencontre a servi de cadre d’analyse et de réflexion sur la contribution des valeurs traditionnelles à la consolidation du vivre-ensemble. L’ambition des organisateurs était de mobiliser les intelligences autour de solutions endogènes capables de renforcer durablement la paix.

Une alliance entre tradition et modernité

Les échanges ont mis en lumière la nécessité de bâtir des passerelles entre héritage culturel et transformation socio-économique. Pour les intervenants, les pratiques traditionnelles du peuple Lobi ne relèvent pas d’un passé figé, mais constituent des outils dynamiques de gouvernance locale.

Parmi ces mécanismes, la parenté à plaisanterie, les alliances interethniques et le rôle des chefs traditionnels dans la médiation ont été identifiés comme des piliers essentiels de la cohésion sociale. À cela s’ajoute la gestion coutumière des ressources naturelles, notamment la terre et l’eau, perçue comme un facteur clé dans la prévention des conflits communautaires.

La cohésion sociale face aux défis sécuritaires

Face à la montée des menaces sécuritaires dans certaines zones du nord-est ivoirien, les panélistes ont insisté sur l’importance de l’unité communautaire comme rempart contre l’extrémisme violent. La collaboration entre les populations locales et les Forces de défense et de sécurité (FDS), notamment à travers le renseignement communautaire, a été présentée comme un levier stratégique.

La question de la jeunesse a également occupé une place centrale dans les débats. Les experts ont souligné la nécessité de renforcer l’insertion socio-professionnelle des jeunes afin de prévenir leur vulnérabilité face aux réseaux criminels ou extrémistes. Dans cette dynamique, l’unité du rameau Lobi apparaît comme un facteur de résilience et de cohésion face aux risques de fragmentation sociale.

Un socle pour un développement endogène

Au-delà des enjeux sécuritaires, les discussions ont ouvert des perspectives concrètes en matière de développement économique. Les intervenants ont plaidé pour la valorisation de la solidarité communautaire à travers le renforcement des coopératives agricoles, des groupements féminins et des initiatives entrepreneuriales locales.

Ils ont également recommandé un plaidoyer renforcé auprès des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers, en vue de mieux exploiter les potentialités économiques du Bounkani. L’entrepreneuriat fondé sur les spécificités culturelles et agricoles de la région a été présenté comme une voie prometteuse vers un développement durable et inclusif.

Des attentes concrètes à l’issue du panel

Au terme des travaux, plusieurs résultats sont attendus, notamment une meilleure appropriation des mécanismes traditionnels de gestion des conflits, un regain d’intérêt pour les valeurs culturelles Lobi et l’élaboration de pistes concrètes pour la préservation du patrimoine.

Animé par l’enseignant-chercheur Dr Som Sié Juradin, le panel a réuni des experts de divers horizons, dont Dr Da Hien Daniel, coordonnateur de l’ONG Réseau Afrique Jeunesse, le professeur Abolou Camille Roger, directeur du CRAC, ainsi que le criminologue Dr Hien Philippe, également président du Conseil régional du Bounkani.

Un appel à puiser dans les racines pour construire l’avenir

Dans son mot d’ouverture, le directeur scientifique du panel, le professeur Sib Sié Justin, a rappelé que « la paix, la sécurité et le développement ne se décrètent pas, mais se construisent patiemment sur des fondations solides ». Pour lui, ces fondations résident dans les valeurs héritées des ancêtres, encore trop souvent sous-estimées.

Il a souligné que le thème du panel constitue à la fois un diagnostic et un appel à l’action collective, invitant les communautés à dépasser leurs divergences pour bâtir un avenir commun fondé sur l’unité et la solidarité.

Structurés autour de trois axes – l’unité culturelle comme socle de la paix, la cohésion face aux défis sécuritaires et la solidarité comme moteur de développement – les travaux ont réaffirmé une conviction forte : le peuple Lobi dispose en lui-même des ressources nécessaires pour construire une région apaisée et prospère.

Notons que cette 7e édition, placée sous l’égide du Chef central SIB Virkoun, rend également hommage au Président de la République, Alassane Ouattara, pour ses actions en faveur du développement du Bounkani, notamment dans les domaines des infrastructures et de la promotion des cadres locaux.

Médard KOFFI, envoyé spécial à Bouna