À titre d'illustration
Une offre de trois millions FCFA proposée à l’ASEC Mimosas pour un match face à l’Olympique de Marseille suscite la colère du journaliste Issa Sangaré Yeresso, qui dénonce un manque de considération envers le football ivoirien.
Dans une tribune virulente, sur son réseau social Facebook le journaliste Issa Sangaré Yeresso dénonce le manque de considération du ministère du Tourisme envers le football ivoirien et l'ASEC Mimosas, après une proposition jugée "honteuse et humiliante" pour un match de gala face à l'Olympique de Marseille.
"3 millions FCFA contre un club qui investit des milliards"
Le ton est donné dès les premières lignes. Dans sa dénonciation publique, le journaliste Issa Sangaré Yeresso s’en prend directement au ministre du Tourisme de Côte d’Ivoire.
" Monsieur le ministre du tourisme, j'ai la certitude que vous ne connaissez pas la valeur d'un champion national de football de la Côte d'Ivoire ", écrit-il.
Pour le journaliste, le problème va au-delà d’un simple match de gala. Il pointe du doigt une méconnaissance de la valeur des institutions sportives locales. Il cite en exemple l’ASEC Mimosas, " le plus prestigieux, du plus structuré club de Côte d’Ivoire ", dirigé selon lui " comme une entreprise privée par un avocat de renom, Maître Roger Ouegnin ".
Issa Sangaré Yeresso rappelle le poids économique du club jaune et noir : recrutement, formation, vente de talents. Des investissements qui, dit-il, se comptent " en centaines de millions voire des milliards ".
C’est dans ce contexte qu’il révèle la proposition du ministère : la " modique somme de 03 millions de francs CFA " pour que l’ASEC affronte l’Olympique de Marseille.
Le contraste avec le budget accordé à l'OM
C’est la comparaison qui fait bondir le journaliste. " L'Olympique de Marseille (OM) qui a bénéficié de plus de 3 milliards pour la promotion (hic!!?) du tourisme (??? ) ivoirien ", souligne-t-il.
Pour lui, l’écart est indécent. " 3 millions de francs c'est le tiers de ce que nous donnons aux jeunes pour organiser les tournois de vacances dans les quartiers et villages ", ajoute-t-il.
Issa Sangaré Yeresso qualifie l’offre de " foutaise, un manque de respect, de considération pour nos valeurs ". Il y voit même " un complexe d'infériorité ", estimant que " vous n'auriez jamais le courage de faire une offre si indécente à un club européen ".
Le journaliste va plus loin : " pire c'est une insulte... "
"Des braves qui savent dire non". Au-delà de la colère, le texte est un plaidoyer pour la valorisation des acteurs locaux.
" Ne pas connaître, reconnaître les valeurs intrinsèques de tout ce qui vient de chez nous, est inadmissible de quelle que autorité que ce soit ", martèle-t-il.
Il salue la posture de l’ASEC Mimosas et de son président. Pour illustrer son propos, il affirme que " L'Asec Mimosa et maître Roger Ouegnin distribuent périodiquement aux joueurs après les entraînements et les matchs plus de 3 millions frs cfa ".
Conclusion de la tribune : un appel à la dignité. " Fort heureusement il y a en Côte d'Ivoire des braves, courageux qui savent dignement dire non. C’est une question d'honneur. Arrêtez de nous dévaloriser. "
Le débat ouvert
Cette sortie relance le débat sur la place du sport local dans la stratégie de promotion de la destination Côte d’Ivoire. Faut-il privilégier les grandes affiches internationales au détriment des institutions qui structurent le football ivoirien depuis des décennies ?
Le ministère du Tourisme n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations. En attendant, la prise de position d’Issa Sangaré Yeresso circule largement sur les réseaux sociaux et fait réagir de nombreux supporters des Jaune et Noir, qui estiment que le palmarès et le rôle formateur de l’Asec Mimosas méritent une autre forme de reconnaissance.
Athanase Kangah