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[Justice – Abidjan] Escroquerie, blanchiment et orpaillage illégal : les dossiers marquants du 27 octobre au PPEF

[Justice – Abidjan] Escroquerie, blanchiment et orpaillage illégal : les dossiers marquants du 27 octobre au PPEF

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La quatrième chambre de jugement du pôle pénal, économique et financier a tenu sa première audience ce mardi à Abidjan, marquée par un débat sur une liberté provisoire et deux affaires d’orpaillage illégal au PPEF.

Une première audience sous le signe de la solennité

Abidjan, le 27 octobre 2026 (crocinfos.net) – Le mardi 27 octobre 2026 restera une date particulière dans le fonctionnement du pôle pénal, économique et financier (PPEF) d’Abidjan. La quatrième chambre de jugement, récemment créée, a tenu sa toute première audience dans une atmosphère empreinte de solennité, ponctuée d’échanges de courtoisie entre le ministère public, le barreau et la présidente de la juridiction.

À cette occasion, la procureure de la République a salué une nouvelle étape dans le parcours professionnel de la magistrate chargée de présider cette chambre, auparavant doyenne des juges d’instruction au PPEF.

« Cette évolution rappelle une vérité fondamentale : les fonctions judiciaires se rejoignent toutes dans la rigueur. Elles doivent veiller à l’application de la loi », a-t-elle souligné, avant d’assurer la nouvelle présidente de la disponibilité du parquet pour contribuer à l’œuvre de justice.

Le représentant du barreau a également salué le parcours de la magistrate, évoquant son expérience dans le traitement de dossiers complexes.

« Vous avez fait preuve de justice chaque fois que nous vous avons sollicitée. Vous avez pu tirer votre épingle du jeu dans les dossiers épineux. J’ai foi que vous saurez rendre justice », a-t-il déclaré.

Prenant la parole, la présidente de la quatrième chambre a reconnu le caractère particulier de cette première audience dans ses nouvelles fonctions, tout en mettant en avant son expérience professionnelle.

« C’est ma première audience en tant que présidente de la chambre de jugement. Mais j’ai une longue expérience du métier. C’est la continuité. J’espère être à la hauteur de la tâche », a-t-elle affirmé.

Après cette séquence protocolaire, les débats judiciaires ont véritablement commencé avec l’examen d’un dossier mettant en cause un ressortissant nigérien poursuivi pour escroquerie et blanchiment de capitaux.

Un diplomate nigérien poursuivi pour escroquerie et blanchiment

Âgé de 49 ans, divorcé et père d’un enfant, le prévenu, présenté comme un diplomate nigérien résidant à Johannesburg, est poursuivi pour des faits présumés d’escroquerie portant sur 198 000 euros, soit environ 138,6 millions de FCFA, et de blanchiment de capitaux.

Placée sous mandat de dépôt depuis le 7 juin 2026, cette personne a comparu dans le cadre d’une demande de mise en liberté provisoire.

À la barre, son conseil a expliqué que l’affaire serait liée à un différend commercial avec un partenaire réunionnais. Selon la défense, son client séjournait à Abidjan pour effectuer des formalités de visa à l’ambassade du Japon et devait également participer à une formation dans son domaine d’activité avant que cette procédure judiciaire ne vienne bouleverser ses projets.

Pour obtenir sa remise en liberté, l’avocat a notamment invoqué les conséquences de la détention sur les activités professionnelles de son client et sur sa situation familiale.

« Ses activités ont pris un coup, il a une famille », a plaidé le conseil.

Le ministère public s’est opposé à cette requête, estimant que les garanties de représentation du prévenu étaient insuffisantes.

« Le prévenu n’a aucune résidence en Côte d’Ivoire, aucun intérêt. Nous avons besoin qu’il soit présent à l’audience pour nous permettre de comprendre ce qui s’est passé. Il n’a aucune garantie de représentation », a soutenu le parquet.

En réponse, l’avocat de la défense a fait valoir la qualité de diplomate de son client et indiqué que son passeport se trouvait entre les mains des autorités judiciaires. Le prévenu a également affirmé disposer de garanties suffisantes pour répondre à la justice.

Après une brève suspension, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté provisoire.

L’affaire devait ensuite être examinée au fond. Toutefois, le parquet a informé la juridiction de l’indisponibilité de la partie civile, qui sollicitait un renvoi.

Cette demande a suscité une réaction de l’avocat de la défense, qui s’y est vivement opposé. Il a notamment estimé qu’une information préalable aurait dû lui être adressée par confraternité.

La présidente a alors rappelé que le dossier était évoqué pour la première fois devant sa chambre et qu’un renvoi permettrait de poursuivre son examen dans de meilleures conditions.

Malgré les réserves exprimées par la défense quant à sa disponibilité, la juridiction a fixé la prochaine audience au 3 novembre 2026.

Orpaillage illégal : le parquet requiert des peines de prison et 50 millions de FCFA d’amende

Après ce dossier financier, l’audience s’est poursuivie avec deux affaires d’orpaillage illégal. Les prévenus, poursuivis dans des dossiers distincts, ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés.

Un prévenu interpellé à Niakara évoque un travail pour son frère

Dans la première affaire, le prévenu, interpellé à Niakara, a expliqué qu’il travaillait pour son frère Marcel, installé au Burkina Faso.

« Je creuse la terre. Je n’ai rien eu », a-t-il déclaré devant le tribunal.

Selon ses explications, une autre personne était chargée de récupérer l’or extrait avant de l’expédier à son frère au Burkina Faso.

À l’issue des débats, le ministère public a requis cinq ans d’emprisonnement ferme et une amende de 50 millions de FCFA.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 3 novembre 2026.

Un ressortissant burkinabè explique son passage à l’orpaillage

La seconde affaire concerne un prévenu de 27 ans, arrivé du Burkina Faso en Côte d’Ivoire. Il a indiqué avoir été interpellé environ un mois après son arrivée sur le territoire ivoirien.

Reconnaissant également les faits d’orpaillage illégal, il a expliqué avoir recherché une activité rémunératrice en raison de ses difficultés financières.

« Je n’avais pas d’argent, je n’avais rien à manger. J’ai demandé à Mamoudou s’il pouvait me trouver du travail. Il m’a dit que je pouvais surveiller son matériel d’orpaillage », a-t-il raconté.

Interrogé sur les raisons de sa venue en Côte d’Ivoire, le prévenu a expliqué qu’il souhaitait initialement se perfectionner dans le domaine de la pâtisserie.

« La Côte d’Ivoire est un peu développée. Je voulais faire mon perfectionnement en pâtisserie ici, mais compte tenu des difficultés, je suis allé faire l’orpaillage », a-t-il déclaré.

À l’issue de son audition, le parquet a requis 24 mois d’emprisonnement et une amende de 50 millions de FCFA.

Comme dans la première affaire d’orpaillage illégal, le tribunal a renvoyé le prononcé de sa décision au 3 novembre 2026.

Une audience marquée par des dossiers aux enjeux différents

Cette première audience de la quatrième chambre de jugement du PPEF a ainsi réuni des affaires aux enjeux distincts : une procédure portant sur des faits présumés d’escroquerie et de blanchiment de capitaux, et deux dossiers relatifs à l’orpaillage illégal.

Au-delà de la séquence inaugurale, les débats ont notamment mis en évidence les divergences entre le parquet et la défense sur les garanties nécessaires à une remise en liberté provisoire, ainsi que les réquisitions du ministère public dans les affaires d’exploitation aurifère illégale.

Les décisions attendues le 3 novembre 2026 permettront de connaître les suites judiciaires réservées aux trois dossiers examinés au cours de cette audience.

Médard KOFFI

Informations recueillies auprès de Fernand Dédeh, depuis le pôle pénal, économique et financier (PPEF)