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De l’indépendance de la Côte d’Ivoire en 1960 à la disparition de Félix Houphouët-Boigny en 1993, Babily Dembélé revisite 33 années de gouvernance, entre développement, stabilité politique, dialogue et transmission de l’héritage.
Abidjan, le 1er septembre 2026 (crocinfos.net) – Dans cette première partie de son témoignage, Babily Dembélé revisite les 33 années de gouvernance de Félix Houphouët-Boigny, de l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance en 1960 jusqu’à la disparition du premier président ivoirien en 1993.
À travers ses souvenirs personnels, ses rencontres à Yamoussoukro et les enseignements politiques qu’il dit avoir reçus de l’ancien chef de l’État, le président de l’Alliance Pour la République (APR) livre une lecture personnelle d’une période qui a profondément marqué l’histoire de la Côte d’Ivoire.
Parallèlement à ses fonctions d’expert à la Banque africaine de développement (BAD), Babily Dembélé a enseigné comme vacataire à l’Institut national polytechnique de Yamoussoukro (INP-HB), entre 1987 et 1989, alors dirigé par Ezan Akélé.
Cette activité lui a permis de séjourner régulièrement dans la capitale politique et de côtoyer Félix Houphouët-Boigny.
Au cours d’un échange avec l’ancien président ivoirien, il lui a notamment demandé pourquoi ses enfants et plusieurs membres de sa famille n’étaient pas impliqués dans la vie politique.
Selon son témoignage, Félix Houphouët-Boigny lui aurait alors livré une réflexion restée gravée dans sa mémoire : « La politique construit, mais elle peut aussi détruire. »
Houphouët-Boigny lui aurait expliqué qu’il avait fait le choix de protéger ses enfants et ses proches des rivalités et des conséquences parfois imprévisibles liées à l’exercice du pouvoir.
Babily Dembélé a également évoqué ses échanges avec Guillaume Houphouët-Boigny, qu’il a présenté comme son aîné.
Celui-ci lui aurait confié que leur père lui avait recommandé de rester à l’écart de la politique et de privilégier les activités économiques et les affaires.
Pour Babily Dembélé, cette orientation traduisait une même conception du pouvoir : la politique ne devait pas nécessairement devenir un héritage familial.
Un autre souvenir occupe une place importante dans son témoignage : le congrès de 1986 à l’Hôtel Ivoire.
Babily Dembélé y a retenu un message de Félix Houphouët-Boigny consacré à la nécessité de préserver et de transmettre aux générations futures la pensée et l’œuvre des grandes figures historiques.
En évoquant notamment Mahomet et Jésus, Félix Houphouët-Boigny aurait, selon Babily Dembélé, insisté sur le rôle de leurs disciples dans la transmission de leur héritage.
Ce message l’a profondément marqué. Il a nourri en lui la conviction que l’histoire d’un homme d’État ne devait pas disparaître avec lui et que ceux qui l’avaient connu avaient également la responsabilité de préserver sa pensée et son œuvre.
C’est dans cette dynamique que Babily Dembélé affirme avoir promis à Félix Houphouët-Boigny d’écrire son histoire et de contribuer à transmettre sa mémoire aux générations futures.
Au-delà de cette relation personnelle, son témoignage replace également l’action de Félix Houphouët-Boigny dans le contexte de la construction de la Côte d’Ivoire indépendante.
Après 1960, l’État ivoirien a renforcé son administration et développé l’éducation, la santé, l’agriculture, les infrastructures, l’urbanisation et les équipements publics. Cette organisation a favorisé la continuité de l’action publique et accompagné les ambitions de développement du pays.
Cette période a également été marquée par une forte stabilité politique, dans un contexte africain souvent caractérisé par les coups d’État et les changements de régime.
Toutefois, cette stabilité s’est accompagnée d’une importante concentration du pouvoir autour de Félix Houphouët-Boigny et d’une domination du PDCI-RDA. Le pluralisme politique est resté limité jusqu’à la réintroduction officielle du multipartisme en 1990.
L’héritage de cette période comporte ainsi à la fois des acquis en matière de développement et de stabilité, mais également des épisodes de répression politique et des critiques liées à la concentration du pouvoir.
Dans sa lecture personnelle, Babily Dembélé retient surtout une autre dimension de la gouvernance de Félix Houphouët-Boigny : le dialogue, la concertation, le pardon et la recherche du compromis.
Pour celui qu’il a considéré comme son « père politique », ces valeurs constituaient des moyens privilégiés pour préserver la paix et éviter que les différends ne dégénèrent en affrontements.
Ainsi, de ses observations de la Côte d’Ivoire indépendante à ses rencontres avec Félix Houphouët-Boigny à Yamoussoukro, en passant par le message du congrès de 1986 et la promesse de préserver sa mémoire, Babily Dembélé livre un témoignage à la fois personnel, historique et politique.
À travers cette évocation, il présente finalement Félix Houphouët-Boigny à la fois comme un bâtisseur de l’État ivoirien, un homme politique attaché à la stabilité et un mentor dont les enseignements ont continué, selon lui, à guider sa réflexion.
Son témoignage porte surtout une conviction : l’histoire d’une nation ne doit pas seulement être vécue ; elle doit également être préservée, racontée et transmise aux générations futures.
Une contribution de Babily Dembélé, président de l’Alliance Pour la République (APR).