Yaya Fofana, président du MFA.jpg
À l’occasion du 1er mai, le MFA rend hommage aux travailleurs ivoiriens et appelle à des mesures concrètes pour améliorer le pouvoir d’achat, protéger l’informel et faire de la croissance une justice sociale réelle durable.
Déclaration du MFA à l’occasion de la Fête du Travail en Côte d’Ivoire Par Yaya Fofana, président du MFA
En Côte d’Ivoire, le 1er mai ne se vit pas de la même manière pour tous.
Pendant que certains se reposent, d’autres continuent de lutter pour survivre. Dans les marchés, sur les routes, dans les champs, dans les quartiers populaires, le travail ne s’arrête jamais. Parce que pour beaucoup, s’arrêter, c’est ne pas manger.
Le travail en Côte d’Ivoire n’est pas toujours un choix. C’est souvent une nécessité vitale.
Oui, des progrès ont été faits. Mais sur le terrain, une réalité persiste.
On ne nourrit pas une famille avec des statistiques. On la nourrit avec un revenu digne.
Le prix de la vie augmente. Le panier de la ménagère s’alourdit. Les loyers grimpent. Le transport coûte plus cher. Et dans de nombreuses familles, les revenus ne suivent pas.
Quand le coût de la vie accélère et que les revenus stagnent, c’est la dignité qui recule.
Dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les administrations, les travailleurs tiennent. Dans le secteur informel, ils résistent.
Ce pays tient debout grâce à des femmes et des hommes qui refusent de tomber.
Mais une question demeure. Jusqu’à quand peut-on demander aux travailleurs de tenir sans réellement les soulager ?
Ivoiriennes, Ivoiriens,
Travailleuses et travailleurs de Côte d’Ivoire,
En ce 1er mai, le Mouvement des Forces d’Avenir vous rend hommage.
À vous qui vous levez tôt sans certitude du lendemain, à vous qui portez vos familles sans filet de sécurité, à vous qui travaillez beaucoup mais gagnez peu, vous êtes la force silencieuse de la Nation. Et une Nation qui oublie ses travailleurs finit toujours par vaciller.
Cette journée doit être un moment de reconnaissance. Mais elle doit surtout être un moment de vérité.
Un pays ne peut pas se dire en progrès si ses travailleurs vivent dans la difficulté.
Le MFA reconnaît les efforts engagés. Mais il le dit avec clarté. Le développement n’a de valeur que s’il se ressent dans les foyers.
Le développement doit se voir dans l’assiette, dans la capacité à payer son loyer, dans l’accès aux soins et dans l’éducation des enfants. Sinon, il reste une promesse.
Une croissance sans justice sociale est une croissance fragile. Et une société fragile ne construit pas un avenir solide.
C’est pourquoi le MFA appelle à des actions concrètes et mesurables.
Renforcer un dialogue social sincère et permanent.
Améliorer réellement le pouvoir d’achat.
Protéger les travailleurs du secteur informel.
Donner des perspectives réelles aux jeunes.
Réduire les inégalités entre les secteurs.
La paix sociale n’est pas un hasard. Elle est le résultat de la justice.
Écouter les travailleurs n’est pas une option. C’est une exigence de responsabilité.
Respecter le travail n’est pas un discours. C’est une décision politique.
Dans toute trajectoire nationale, il arrive un moment où les choix ne portent plus seulement sur la croissance, mais sur le sens même du progrès.
C’est dans ces moments que les grandes décisions deviennent des héritages. C’est dans ces moments que l’histoire observe, silencieuse, mais exigeante.
En ce jour du 1er mai, le MFA se tient aux côtés de tous les travailleurs.
Ceux qui tiennent malgré tout, ceux qui luttent sans protection, et ceux qui espèrent encore une chance.
Car un pays qui laisse ses travailleurs seuls face à leurs difficultés prépare ses propres fragilités.
L’histoire des nations est implacable. Elles ne tombent pas quand leurs dirigeants échouent, elles vacillent quand leurs travailleurs cessent d’y croire.
La Côte d’Ivoire a franchi des étapes importantes. Mais le véritable tournant ne sera pas celui des infrastructures ou des chiffres. Il sera celui où chaque travailleur pourra dire, sans hésitation, que son travail lui permet de vivre dignement.
Ce jour-là, la Nation ne sera pas seulement en croissance. Elle sera en justice.
Et une Nation juste est une Nation que rien ne peut durablement affaiblir.
Bonne Fête du Travail à toutes et à tous.
Fait, le 30 avril 2026