Vers la fin du bicéphalisme
Réunis à Abidjan, les responsables de l’Église du christianisme céleste annoncent la fin des dissensions internes et amorcent une phase cruciale vers une gouvernance unifiée, portée par le dialogue et de nouveaux textes consensuels.
Abidjan, le 2 avril 2026 (crocinfos.net) – Les querelles internes au sein de l’Église du christianisme céleste (ECC) pourraient bientôt appartenir au passé. À l’issue des assises tenues le mardi 31 mars 2026 dans un hôtel de Marcory, à Abidjan, les principaux devanciers de cette église d’origine africaine ont affiché leur volonté de tourner la page des divisions pour faire place à l’unité.
Les dignitaires de l'église céleste dont le Prof Sarassoro et Bertin Bada, juste après le Prof
Au cœur de cette rencontre, la présence remarquée de Bertin Bada, vénérable suprême évangéliste du Bénin et coordonnateur général du Conseil supérieur de transition (CST), a donné le ton. Devant la presse, il a levé un coin de voile sur les motivations de ces assises, présentées comme une étape déterminante dans la quête d’une gouvernance harmonisée de l’ECC à l’échelle mondiale.
Créé pour accompagner la transition vers une direction unifiée, le Conseil supérieur de transition se veut un cadre de concertation inclusif. Car, malgré son rayonnement international et ses dizaines de millions de fidèles, l’Église du christianisme céleste reste fragilisée par des dissensions au sommet.
« Nous sommes confrontés à une forme de bicéphalisme », a reconnu Bertin Bada, évoquant l’existence de plusieurs figures se revendiquant du leadership mondial, notamment au Nigéria, au Bénin et ailleurs. Une situation qui, selon lui, a nécessité l’intervention d’un facilitateur pour initier un processus de dialogue structuré.
Ce processus a abouti à l’élaboration de documents fondamentaux devant encadrer l’avenir de l’église : une Constitution dite « bleue » révisée, un règlement intérieur, ainsi que des textes régissant synodes et conclaves. Ces avant-projets, précise-t-il, ont été conçus de manière consensuelle, intégrant les différentes sensibilités, y compris celles opposées à l’échelle internationale.
« Ces textes seront bientôt soumis à la validation du Sacré collège, composé des deux pasteurs mondiaux. Nous sommes à la dernière étape : celle qui doit conduire à l’élection d’un pasteur et au retrait de l’autre », a indiqué le coordonnateur du CST, laissant entrevoir une issue dans les prochaines semaines.
Pour Bertin Bada, il convient toutefois de nuancer : l’Église du christianisme céleste n’est pas fondamentalement divisée. « C’est plutôt le sommet qui connaît des divergences », a-t-il insisté. L’objectif des réformes engagées est donc d’anticiper l’avenir en dotant l’église d’un cadre institutionnel solide, capable d’éviter de nouvelles crises de leadership.
En Côte d’Ivoire, cette problématique se reflète depuis plusieurs années dans la rivalité entre les pasteurs Jacob Blin Ediémou et Kanon Luc. Opposés à plusieurs reprises devant les tribunaux, les deux hommes n’ont pas pris part à ces assises, pourtant cruciales pour l’unification de l’église, tant au niveau national que mondial.
Interrogé sur cette absence, Bertin Bada s’est voulu mesuré. « Il ne nous appartient pas de désigner des coupables ou de trancher publiquement », a-t-il déclaré, soulignant sa connaissance approfondie des acteurs du dossier sans pour autant vouloir alimenter la polémique.
La suite du processus dépend désormais de la validation des textes par les instances suprêmes. Si celle-ci intervient dans les délais annoncés, la proclamation d’un pasteur mondial pourrait intervenir dès la fin du mois, suivie de celle d’un second responsable.
Ces assises, qui s’achèvent ce mercredi, devraient déboucher sur des résolutions majeures. Pour les fidèles, en Côte d’Ivoire comme ailleurs, l’espoir d’une Église unifiée et apaisée semble plus proche que jamais.
Médard KOFFI