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C R O C I N F O S

[BURIDA] Le cri d’alarme du chantre Moïse Sako sur la répartition des droits d’auteur

[BURIDA] Le cri d’alarme du chantre Moïse Sako sur la répartition des droits d’auteur

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Le chantre Moïse Sako interpelle le BURIDA sur la gestion des droits d’auteur, dénonçant des années d’attente, des paiements jugés insuffisants et l’absence de répartition équitable au profit des créateurs ivoiriens selon ses déclarations publiques.

Abidjan, le 24 mars 2026 (crocinfos.net) — Le chantre ivoirien Moïse Sako dénonce la gestion des droits d’auteur par le BURIDA, évoquant des années sans rémunération, des disparités dans les répartitions et un appel à une réforme en faveur des créateurs.

Le chantre ivoirien Moïse Sako a exprimé publiquement son ras-le-bol face au fonctionnement du BURIDA (Bureau ivoirien du droit d’auteur), tout en reconnaissant les efforts de l’institution dans la collecte et la gestion des droits d’auteur en Côte d’Ivoire.

Dans une sortie empreinte d’émotion, l’artiste du milieu gospel souligne sa profonde déception quant à la manière dont les créateurs sont, selon lui, pris en charge. Il estime que les mécanismes actuels de répartition ne garantissent pas une rémunération juste et régulière pour les ayants droit.

L’un des points majeurs soulevés par le chantre concerne l’absence de perception sur de longues périodes. Il affirme avoir passé plus d’un an sans percevoir de droits, une situation qu’il juge incompréhensible pour un artiste actif dont les œuvres continuent d’être exploitées dans divers espaces publics et événements.

Il évoque également son expérience personnelle avec l’album Nikawélé, déclaré auprès du BURIDA et largement diffusé depuis 2013. Selon lui, ce n’est que plusieurs années après sa sortie que son nom a commencé à apparaître dans les répartitions, illustrant des lenteurs administratives et des difficultés d’identification des œuvres dans le circuit de distribution.

Face à ces constats, Moïse Sako rapporte avoir dû entreprendre des démarches juridiques afin de faire valoir ses droits, en fournissant des preuves de ses activités scéniques. Ces démarches lui auraient permis d’obtenir une somme qu’il qualifie de symbolique, loin des attentes d’une rémunération régulière issue de l’exploitation de ses œuvres.

L’artiste revient également sur une argumentation souvent avancée concernant l’exploitation des œuvres dans les lieux de culte. Il remet en question cette position, estimant que les productions musicales utilisées dans les églises et autres cadres religieux contribuent à une exploitation réelle, donc devant donner lieu à des redevances.

Il interpelle par ailleurs les instances dirigeantes du BURIDA, appelant à une prise en charge plus efficace des préoccupations des créateurs, notamment en ce qui concerne la transparence des répartitions et l’équité dans le traitement des bénéficiaires. Pour lui, la situation actuelle soulève des interrogations sur la représentativité des artistes, en particulier ceux évoluant dans le gospel.

Somme toute, Moïse Sako lance un appel aux autorités compétentes et au président du conseil d’administration du BURIDA afin qu’une attention particulière soit portée à son cas et, plus largement, à celui des créateurs ivoiriens, dans l’optique d’un système plus juste et plus inclusif.

Médard KOFFI