À titre d'illustration
Au Pôle Pénal, Économique et Financier d'Abidjan, une mère se laisse emporter par l'émotion lors du procès de son fils accusé de fraude en ligne, dans une scène poignante de désespoir et de rédemption.
Abidjan (Côte d’Ivoire), 26 octobre 2026 (crocinfos)---La scène se déroule dans la salle d’audience du Pôle Pénal, Économique et Financier (PPEF) à Abidjan, le jeudi 26 février 2026. Ce matin-là, une mère arrive tôt, visiblement déterminée, pour assister au procès de son fils, un homme qu'elle décrit comme "son tout". Installée dès l'ouverture de l'audience à la première rangée, dans l'axe de la présidente du tribunal, elle attend avec une patience palpable, fixant le prévenu, son fils, qui sera bientôt appelé à la barre.
L'accusé, revêtu de la chasuble "détenu PPEF", apparaît finalement dans la salle. Cette scène, bien que familière pour les habitués des tribunaux, s'avère marquée par un premier incident : lorsque la présidente du tribunal s'adresse à la mère du prévenu pour connaître son identité exacte, cette dernière, visiblement émue, se précipite pour épeler son nom. La présidente, visiblement agacée par ce geste précipité, réprimande sévèrement la mère, lui rappelant qu'elle n'est pas sur un marché et lui ordonne de se tenir à l’ordre sous peine de sanctions.
Mais l'incident se dissipe rapidement. Les faits, eux, ne laissent place à aucune ambiguïté. Le prévenu, un "brouteur" reconnu coupable de fraudes en ligne, avoue avoir escroqué un ressortissant américain de plus de treize millions de FCFA en se faisant passer pour une femme. Le réquisitoire de la procureure est sans appel : cinq ans de prison ferme et 5 millions de FCFA d’amende pour extorsion, blanchiment et obtention frauduleuse d’avantages.
Au moment où la présidente demande à l’accusé de prendre la parole pour son dernier mot, le prévenu, la tête baissée, exprime des regrets. "Je demande pardon", confie-t-il, avant que la présidente ne lui pose la question cruciale : "Qu'avez-vous fait de l'argent?" Sa réponse, sèche et douloureuse : "Je l'ai utilisé pour mes besoins personnels et pour aider ma maman." Un aveu qui plonge la salle dans une tension palpable.
C'est alors que l'émotion prend une tournure dramatique. À peine la présidente annonce-t-elle la date du délibéré, fixée au 19 mars 2026, que la mère du prévenu explose en sanglots, sous l’effet d’une douleur accablante. "Madame, pardon. Son père est mort, je suis seule...", hurle-t-elle, larmes et voix tremblotantes. Une scène saisissante, digne de la tragédie humaine que vivent certains parents face à la déchéance de leurs enfants. Ses cris, porteurs de désespoir, résonnent dans la salle d'audience. Les agents de sécurité, gênés par l'ampleur de la scène, peinent à maîtriser la situation, tentant tant bien que mal de calmer cette mère, submergée par un chagrin que seuls les plus grands drames peuvent engendrer.
Tandis que l’accusé est conduit à sa cellule, des murmures circulent parmi les spectateurs et même certains agents de sécurité. "Vos enfants font des bêtises, vous ne leur dites rien, et vous venez pleurer ici", lance l'un d'eux. Une réflexion acerbe qui, au fond, résume bien la tragédie de cette mère dévastée. Au Pôle Pénal, Économique et Financier, où les débats sont souvent marqués par des réquisitions impitoyables, ce genre de scène ne laisse jamais indifférent. Une fois encore, l'émotion humaine, à la fois terrible et sublime, a pris le pas sur la froideur des lois.
Info Fernand Dédeh