L’Espagne sur le toit du monde après avoir fait tomber l’Argentine
L’Espagne a inscrit une nouvelle page de son histoire en remportant la Coupe du monde 2026 face à l’Argentine. Une victoire construite sur la force collective, la maîtrise tactique et une défense exceptionnelle.
ABIDJAN (Côte d’Ivoire), 19 juillet 2026 (crocinfos)---Deux ans après son sacre européen, l’Espagne a confirmé sa domination sur le football international en décrochant, dimanche au New Jersey, le deuxième titre mondial de son histoire. La Roja s’est imposée 1-0 face à l’Argentine au terme d’une finale longtemps verrouillée, finalement débloquée en prolongation par Ferran Torres.
Il aura fallu attendre la 106e minute pour voir l’attaquant du FC Barcelone délivrer l’Espagne d’une puissante reprise, après une remise de la tête de Nico Williams. Un but qui a définitivement fait basculer une rencontre jusque-là dominée par les Espagnols, mais rendue indécise par la résistance argentine.
La tâche de l’Albiceleste s’était considérablement compliquée quelques minutes auparavant avec l’exclusion d’Enzo Fernandez, sanctionné d’un deuxième carton jaune dans les arrêts de jeu du temps réglementaire.
« Ce n’est pas mon but, c’est celui de 47 millions de personnes », a déclaré Ferran Torres après le sacre, dédiant cette victoire au peuple espagnol.
Ce deuxième titre mondial, après celui remporté en 2010 en Afrique du Sud, consacre surtout la remarquable continuité sportive de la sélection espagnole. Depuis l’arrivée de Luis de la Fuente, la Roja a construit un collectif particulièrement solide, articulé autour d’un milieu souverain et d’une organisation défensive presque infranchissable.
Avec Rodri comme maître à jouer, épaulé notamment par Fabian Ruiz, l’Espagne a maîtrisé son parcours tout au long de la compétition. Sa défense n’a encaissé qu’un seul but en huit rencontres. Même son entrée en matière poussive face au Cap-Vert, conclue sur un score nul et vierge, n’aura finalement constitué qu’un avertissement sans conséquence.
La Roja retrouve ainsi les sommets d’une domination qui rappelle son âge d’or entre 2008 et 2012, période durant laquelle elle avait remporté deux Championnats d’Europe et la Coupe du monde 2010.
Plus impressionnant encore, l’Espagne est parvenue au sommet sans bénéficier du meilleur rendement de Lamine Yamal. Âgé de 19 ans et diminué par une blessure à la cuisse gauche, le prodige espagnol n’a jamais totalement retrouvé l’influence qui avait été la sienne lors de l’Euro deux ans auparavant.
La profondeur de l’effectif espagnol a toutefois fait la différence. Touché lui aussi durant le tournoi, Nico Williams a joué un rôle majeur après son entrée à la 75e minute de la finale. L’attaquant de l’Athletic Bilbao a d’abord buté sur Emiliano Martinez avant d’être directement impliqué dans l’action conduisant au but décisif de Ferran Torres.
Le sacre espagnol a également été accompagné de plusieurs récompenses individuelles. Rodri a été désigné meilleur joueur du Mondial 2026, tandis qu’Unai Simon a reçu la distinction de meilleur gardien. Le jeune défenseur Pau Cubarsi, 19 ans, a été élu meilleur jeune joueur de la compétition.
Mikel Oyarzabal, meilleur buteur espagnol avec cinq réalisations, a pour sa part rappelé que « le groupe n’avait jamais cessé de croire au titre, y compris après un début de tournoi qui avait suscité certaines interrogations. »
Cette victoire met également fin au rêve de doublé de l’Argentine. Championne du monde en 2022, l’Albiceleste espérait devenir la première sélection depuis le Brésil de 1962 à conserver son titre. Mais les hommes de Lionel Scaloni, limités offensivement pendant la finale, n’ont jamais réellement réussi à déstabiliser le dispositif espagnol.
Le sélectionneur argentin a d’ailleurs reconnu la supériorité de l’adversaire, tout en saluant le parcours de ses joueurs et en appelant son équipe à accepter la défaite avec dignité.
Lionel Messi, à 39 ans, n’a cette fois pas réussi à renverser le cours de l’histoire. Après avoir porté l’Argentine jusqu’en finale, l’octuple Ballon d’Or est resté sans solution face au bloc espagnol. Ce Mondial pourrait ainsi avoir constitué sa dernière apparition dans la compétition.
L’Espagne, elle, peut célébrer. Les nouveaux champions du monde sont attendus lundi dans les rues de Madrid pour un défilé qui devrait rassembler une foule considérable. La Maison royale et le Premier ministre Pedro Sánchez ont salué la performance de la sélection.
Après avoir conquis l’Europe, la Roja règne désormais sur le monde. Plus qu’un deuxième trophée mondial, cette victoire consacre une génération et un collectif qui semblent avoir ouvert un nouveau cycle de domination du football international.
Athanase Kangah