favicon
C R O C I N F O S

[Kalieh Festival 2026 à Dianra] Une ouverture spectaculaire à Gbatosso

[Kalieh Festival 2026 à Dianra] Une ouverture spectaculaire à Gbatosso

Photo de Famille marquant le clou de la cérémonie officielle d'ouverture

À la place publique de Gbatosso, la première journée, dénommée « Fo-Tamana », a marqué, le 26 mars 2026, l’ouverture officielle du Kalieh Festival, avec des parures sénoufo, des danses empreintes de mystère, des jeux d’enfants et des prestations culturelles, célébrant l’identité, la transmission et la cohésion communautaire.

Dianra, le 26 mars 2026 (crocinfos.net)Le 26 mars 2026, la première journée, dite « Fo-Tamana », s’est transformée en une véritable scène culturelle pour célébrer l’ouverture officielle de la 5ᵉ édition du Kalieh Festival. Entre parures ancestrales, danses empreintes de magie et de symbolisme, et cérémonies de transmission intergénérationnelle, les festivaliers ont été plongés dans une immersion totale au cœur du patrimoine culturel de Dianra.

Le commissaire général du Kalieh Festival, le professeur Nanourougo, en compagnie des représentants du parrain et du préfet

Au cœur du département de Dianra, la place publique de Gbatosso s’est transformée, ce jeudi 26 mars 2026, en une vaste scène à ciel ouvert, vibrant au rythme de « Fo-Tamana », première journée marquant l’ouverture officielle de la 5ᵉ édition du Kalieh Festival. Une entrée en matière éclatante, où traditions sénoufo, ferveur populaire et expressions artistiques ont fusionné pour offrir un spectacle d’une rare intensité.

Ce faisant, le village a revêtu ses habits de fête. Hommes, femmes et enfants, parés de leurs plus belles tenues, ont convergé vers la place publique, devenue pour l’occasion un véritable carrefour culturel. Entre les sonorités entêtantes du balafon, les percussions profondes des tam-tams et les chants traditionnels entonnés à l’unisson, l’atmosphère oscillait entre solennité et convivialité. Un décor vivant, où chaque geste, chaque note, semblait raconter une histoire ancienne.

Le Séjôumon de Kanoroba

Le défilé des parures féminines en pays sénoufo s’est imposé comme l’un des temps forts de cette ouverture. Colliers de perles délicatement noués autour des reins, bracelets façonnés à la main, coiffes finement tressées et pagnes en « ablacon » ont captivé les regards. Bien au-delà de l’esthétique, ces ornements incarnent des codes sociaux et spirituels, témoignant des rites de passage et de l’appartenance communautaire. Une manière, pour les femmes, de faire corps avec l’histoire et de la transmettre avec élégance.

À quelques pas de là, les jeux d’enfants ont apporté une respiration joyeuse à la cérémonie. Courses improvisées, défis amicaux et éclats de rire ont animé cet espace dédié aux plus jeunes. Derrière cette apparente légèreté se dessine une volonté claire : ancrer les traditions dans le quotidien des nouvelles générations, en faisant de la transmission un acte vivant et partagé.

Le Fogué de Djembé

La scène culturelle, elle, a rapidement pris des allures de sanctuaire artistique. La danse Tchedou Tama de Ziédougou, avec ses rythmes puissants et ses mouvements millimétrés, a plongé l’assistance dans l’univers des rites initiatiques. Le Séjôumon de Kanoroba lui a succédé, révélant la diversité et la richesse du patrimoine chorégraphique sénoufo, avant que le Fogué de Djembé n’achève de séduire le public par la précision et l’élégance de ses figures.

Moment de grande attente, la sortie du Kôrôkodal des forgerons de Lenguedougou a suscité fascination et respect. Dans une synchronisation parfaite, chants, rythmes et chorégraphies ont offert une expérience sensorielle saisissante. Chargée de symboles, cette prestation met en lumière le rôle central des forgerons dans la société traditionnelle : détenteurs de savoirs ancestraux, gardiens d’un héritage à la fois technique et spirituel.

La dimension spirituelle n’était pas en reste. Une libation conduite par le chef du village, Koné Brahima, suivie d’une prière de bénédiction portée conjointement par des représentants des confessions musulmane et chrétienne, dont l’imam de Gbatosso, a marqué le lancement officiel de la cérémonie. Un moment d’unité et de recueillement, à l’image de la cohésion recherchée par le festival.

Le commissaire général du Kalieh Festival, le professeur Nanourougo, lors de son intervention

Les allocutions ont ensuite donné une résonance institutionnelle à l’événement. Représentant le maire de Dianra, son troisième adjoint, Tuo Fonissongui, a salué « une initiative qui renforce la cohésion sociale et met en lumière la richesse du patrimoine culturel sénoufo ». Dans la même dynamique, le Commissaire général du festival, le professeur Nanourougo Coulibaly, a invoqué les bénédictions des ancêtres pour les festivaliers, tout en exprimant sa reconnaissance aux partenaires et aux troupes artistiques.

Au nom du parrain, le ministre Koné Dossongui, son représentant Bamba Dotian a insisté sur la nécessité d’un retour aux valeurs culturelles. « Au-delà de la fête, ces festivals doivent être des espaces de transmission et de réflexion », a-t-il déclaré, établissant un parallèle avec d’autres rendez-vous culturels majeurs dédiés à la promotion de l’identité sénoufo.

La sortie du Kôrôkodal des forgerons de Lenguedougou

Représentant le préfet du département, le secrétaire général Blai Kpan a, quant à lui, mis l’accent sur la paix et la cohésion sociale. Il a salué l’hospitalité des populations de Gbatosso et encouragé les prières en faveur de la stabilité nationale, soulignant le rôle des autorités coutumières et des cadres dans la consolidation du vivre-ensemble.

« On ne vient pas seulement regarder, on vit la culture », confie une festivalière venue d’Abidjan, encore émerveillée par l’authenticité des prestations. Une impression largement partagée, tant cette première journée a su conjuguer spectacle et transmission.

Car au-delà de l’animation, « Fo-Tamana » s’impose comme un véritable espace de valorisation du patrimoine. En posant les bases d’un festival qui se veut à la fois vitrine culturelle et levier de développement local, cette journée inaugurale confirme l’ambition du Kalieh Festival.

Prévue jusqu’au 28 mars 2026, cette 5ᵉ édition promet encore de riches moments, avec les journées « Yé Kadjo » et « Nibon-Vada », dédiées à d’autres expressions culturelles et communautaires.

À Gbatosso, le temps d’une journée, la culture sénoufo a battu au rythme de la mémoire et de l’avenir. Entre héritage assumé et transmission vivante, le Kalieh Festival s’affirme plus que jamais comme un rendez-vous incontournable du paysage culturel ivoirien.

Médard KOFFI, envoyé spécial à Dianra