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[FATA 2026 à Sakassou] Le préfet Bonaventure Tiégbé appelle à faire du festival un patrimoine collectif au service de l'identité africaine

[FATA 2026 à Sakassou] Le préfet Bonaventure Tiégbé appelle à faire du festival un patrimoine collectif au service de l'identité africaine

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À la clôture de la 4ᵉ édition du Festival des Arts et Traditions d'Akan (FATA), le préfet de Sakassou, Bonaventure Tiégbé, a exhorté les populations à s'approprier ce rendez-vous culturel, devenu un levier de cohésion sociale, de transmission du patrimoine akan et de renaissance de l'identité africaine.

Sakassou, le 13 juillet 2026 (crocinfos.net) – Le préfet du département de Sakassou, Bonaventure Tiégbé, a lancé un appel solennel aux populations afin qu'elles s'approprient pleinement le Festival des Arts et Traditions d'Akan (FATA), qu'il considère désormais comme un patrimoine collectif appelé à renforcer la cohésion sociale, la fraternité et la fierté identitaire. Cette déclaration est intervenue lors de la cérémonie officielle marquant la clôture de la quatrième édition du festival, organisée le samedi 11 juillet 2026 à la place Bédié.

Placée sous le thème « FATA 2026 – Sous le signe de l'immersion », cette quatrième édition s'est déroulée du 1ᵉʳ au 11 juillet 2026. Pendant onze jours, Sakassou, capitale historique du royaume baoulé, a accueilli une série d'activités alliant immersion culturelle, actions sociales, recherche scientifique, prestations artistiques et concerts populaires, confirmant la montée en puissance du FATA parmi les grands rendez-vous culturels de Côte d'Ivoire.

Dans son allocution, le représentant de l'État a invité les jeunes, les femmes, les cadres ainsi que les leaders communautaires à faire du FATA un héritage commun à préserver et à transmettre aux générations futures.

« Ce festival constitue un patrimoine collectif. Il nous appartient de le protéger, de le faire grandir et d'en faire un puissant instrument de cohésion sociale et de valorisation de notre identité culturelle », a-t-il souligné.

Profitant de cette tribune, Bonaventure Tiégbé a également appelé les populations à se mobiliser massivement pour les festivités du 66ᵉ anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, prévues le 7 août prochain à Sakassou, qu'il a présentées comme un nouveau moment de communion nationale.

En amont de cette cérémonie officielle, le Festival des Arts et Traditions d'Akan avait innové avec une vaste phase d'immersion culturelle menée du 1ᵉʳ au 9 juillet dans plusieurs villages du département. Les festivaliers y ont partagé le quotidien des populations, découvert les rites, les langues, la gastronomie, les danses et les savoir-faire traditionnels, conformément à la volonté des organisateurs de faire vivre la culture au plus près des communautés.

Le festival s'est également distingué par une importante action sociale. Du 9 au 11 juillet, une campagne de consultations médicales gratuites, organisée avec l'ONG ASA et la Fondation SOLIBRA, a permis à de nombreux habitants de bénéficier de soins, illustrant l'ambition du FATA d'associer culture et développement humain.

L'autre innovation majeure de cette édition a été son volet scientifique. Le professeur Agbroffi Diamoi Joachim a animé une conférence consacrée au rôle de la femme dans la société matrilinéaire akan, mettant en lumière sa place centrale dans l'organisation sociale, politique et culturelle des peuples akan et invitant la jeunesse à mieux connaître ses racines.

La cérémonie officielle a réuni autorités administratives, élus, chefs traditionnels, partenaires institutionnels et une foule de festivaliers. Les prestations artistiques, notamment la spectaculaire danse traditionnelle Adjémélé de Kongo, ont fortement marqué cette journée.

Dans son intervention, le président du comité d'organisation, Kouakou Jean, a salué la mobilisation des populations et rappelé que le FATA ambitionne désormais d'offrir une véritable expérience d'immersion culturelle.

« Il ne s'agit plus seulement de célébrer la culture, mais de la vivre », a-t-il déclaré, estimant que le festival contribue à la cohésion sociale, à la transmission des valeurs ancestrales et au développement du tourisme culturel.

Le commissaire général, Djeka Kouadio Jean-Baptiste Arsène, a, pour sa part, plaidé en faveur d'une réappropriation des valeurs africaines. Selon lui, le FATA dépasse désormais le cadre d'une simple manifestation festive pour devenir un espace permanent de recherche, de dialogue et de réflexion sur l'identité culturelle africaine.

Il a annoncé la poursuite du projet de construction du futur Centre culturel FATA, ainsi que la création de l'Académie Waoulé (Waoulé Souklou), destinée à promouvoir la réflexion sur l'identité africaine, la transmission des savoirs traditionnels et l'éveil des consciences.

Représentant la directrice régionale de la Culture et de la Francophonie du Gbêkê, N'Guessan Toussaint a salué une initiative pleinement conforme aux missions du ministère, estimant que l'immersion culturelle constitue un puissant moyen de transmettre aux jeunes générations les valeurs fondatrices du peuple akan et de faire du patrimoine culturel un levier de paix, de cohésion sociale et de développement économique.

Le festival s'est achevé dans une ambiance festive avec le Waoulé Concert, animé notamment par le reggae man Kajeem, fils de Jah, après les prestations de plusieurs artistes locaux, dont Les Sœurs Demoyé.

Au terme de cette quatrième édition, le Festival des Arts et Traditions d'Akan confirme son évolution vers un événement multidimensionnel associant culture, recherche, solidarité et développement local. À travers l'appel lancé par le préfet Bonaventure Tiégbé à l'appropriation populaire du FATA, l'événement affirme plus que jamais sa vocation à devenir un patrimoine collectif au service de la valorisation de l'héritage akan et de la renaissance culturelle africaine.

Médard KOFFI, envoyé spécial