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[PDCI-RDA] Lessiéhi Mathias dévoile le rôle stratégique des mouvements associatifs dans la reconquête du pouvoir (Entretien)

[PDCI-RDA] Lessiéhi Mathias dévoile le rôle stratégique des mouvements associatifs dans la reconquête du pouvoir (Entretien)

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Dans une interview, le SE Lessiéhi Mathias souligne le rôle central des mouvements associatifs du PDCI-RDA comme levier de mobilisation, de structuration et de reconquête politique en vue des échéances électorales à venir.

Duékoué, le 18 mai 2026 (crocinfos.net) – Dans une interview récemment accordée à Afriksoir, M. Lessiéhi Mathias, secrétaire exécutif du parti octogénaire de Côte d’Ivoire, a présenté les mouvements associatifs et clubs de soutien comme l’épine dorsale de sa formation politique dans la reconquête du pouvoir d’État.

Ci-dessous, un large extrait de cette interview, qui met également en lumière la structuration de ces mouvements et leur autonomie d’action, sous la coordination du SEMA Lessiéhi Mathias.

Coopté par le président Bédié puis reconduit par le président Thiam, quel bilan pouvez-vous dresser de votre travail au secrétariat exécutif du PDCI-RDA en charge des mouvements associatifs et clubs de soutien ?

Globalement, le bilan est positif et l’on observe une véritable dynamique. Depuis notre nomination au poste de secrétaire exécutif par feu le président Aimé Henri Konan Bédié en 2021, nous avons amorcé un plan de travail qui s’est renforcé avec l’arrivée du président Cheick Tidjane Thiam.

Nous avons assisté à une floraison de mouvements et à un véritable réveil militant. Le SEMA a déjà réalisé un important travail d’identification, de cartographie et d’accréditation des mouvements. Nous sommes passés d’une phase où il s’agissait de savoir qui fait quoi, à une phase où nous organisons et intégrons l’ensemble de manière stratégique.

Aujourd’hui, les mouvements sont plus nombreux, plus visibles et surtout plus engagés. On l’a bien vu lors des journées d’orientation des nouveaux militants en août 2024, où ils ont été fortement présents.

Mais il ne faut pas se voiler la face : des défis subsistent, notamment la dispersion, le risque d’empiètement sur les prérogatives des autres structures du parti, ainsi que le besoin de plus de discipline et de formation. C’est pourquoi nous proposons de restructurer et de renforcer le SEMA, afin de passer à un véritable pilotage stratégique et intégré.

Quel bilan peut-on dresser de l’ensemble de ces mouvements associatifs et clubs de soutien à ce jour ?

À ce jour, plus d’une centaine de mouvements et associations ont été identifiés et immatriculés. La liste officielle publiée en mars 2024 en comptait déjà 120. Parmi eux, une cinquantaine a été particulièrement active lors des journées d’orientation d’août 2024, et vers la fin de l’année 2025, on estimait leur nombre à environ 170.

Une distinction est faite entre les structures régulièrement immatriculées et celles encore en cours d’accréditation. Ce qui compte, ce n’est pas tant le nombre, mais la qualité et la discipline.

Avec le MAP-PDCI 2.0 que nous proposons, l’objectif est de classer les mouvements de manière plus rigoureuse, selon des niveaux et des pôles clairement définis.

Selon quel mode opératoire ces mouvements fonctionnent-ils ?

Ils disposent d’une certaine autonomie, mais sont supervisés par le SEMA. Liés par la signature d’une charte qui les engage au respect des statuts et du règlement intérieur du PDCI-RDA, ils doivent soumettre leurs programmes, respecter les orientations du parti et coordonner leurs actions avec les délégations et sections locales.

Ils organisent des activités de sensibilisation, de mobilisation, de formation idéologique, des actions sociales et de communication. Le SEMA assure l’identification, la certification, la validation des programmes et la coordination générale.

Par ailleurs, un renforcement du dispositif est en cours, avec la mise en place d’un reporting trimestriel obligatoire, de fiches-actions et d’une charte de discipline.

Quel est l’impact de leur dynamique sur le fonctionnement du parti ?

L’impact est réel et mesurable. Lors des journées d’orientation et d’adhésion en août 2024, les mouvements ont tenu plus d’une dizaine de stands, accueillant et orientant des milliers de nouveaux militants dans une ambiance de grande ferveur.

Ils ont été très actifs et mobilisés lors des grands rassemblements du parti dans toutes les régions. Ils contribuent fortement à l’ancrage social, à la communication de proximité, au recrutement et à la mobilisation pour le parrainage du président Thiam.

Aujourd’hui, ils constituent un véritable lien entre le parti et les populations, notamment les jeunes, les femmes, la diaspora et les milieux socioprofessionnels. Leur énergie vient en complément de celle des structures officielles.

Comment parvenez-vous à coordonner les activités de tous ces mouvements ? La tâche ne semble-t-elle pas aisée à votre niveau ?

Non, ce n’est pas facile, mais c’est passionnant. Nous travaillons en équipe avec un cabinet composé de plusieurs responsables des mouvements et associations, dans un local propre au secrétariat, en dehors du parti. Nous apportons très souvent des appuis financiers à la réalisation des activités ainsi qu’aux tournées à l’intérieur du pays.

Le plus difficile reste la diversité des initiatives et le risque de dispersion ou de concurrence avec les structures de base. Pour y faire face, nous avons mis en place : une cartographie nationale et un fichier numérique en constante actualisation ; l’obligation de coordination avec les délégations et sections ; la mise en place progressive d’un Conseil national des mouvements associatifs ; ainsi qu’un système d’accréditation à plusieurs niveaux et une grille d’évaluation objective.

L’objectif est de transformer cette vitalité en une force organisée et disciplinée.

Pouvez-vous faire la dichotomie entre les mouvements, les délégations et les structures de base du parti ?

Il n’y a pas de concurrence légitime. Les mouvements sont là pour apporter un soutien, de la complémentarité et de l’animation. Ils ne peuvent pas remplacer les délégations, sections ou comités de base, ni agir en parallèle sans coordination.

C’est pourquoi nous proposons de rendre obligatoire le couplage entre mouvements et structures statutaires, et de les intégrer dans la nomenclature des structures du parti, en leur attribuant des postes de responsabilité ou de représentation (HRD, délégation, section et comité de base). Toute activité importante doit être préalablement discutée avec la délégation ou la section concernée.

Cette complémentarité constitue la clé du renouveau.

Doit-on craindre la pluralité des mouvements associatifs au sein du PDCI-RDA ? 

Au contraire, s’ils sont bien organisés, ils la stimulent. Le problème, c’est quand on les laisse faire n’importe quoi. C’est pourquoi on propose une restructuration : classification par pôles (jeunesse, femmes, diaspora, mobilisation territoriale, etc.), évaluation annuelle, charte de discipline et un agenda national consolidé. Un mouvement bien encadré renforce l’ardeur militante, il ne la dilue pas.

D’aucuns disent que la création des mouvements et associations de soutien devient un fonds de commerce à l’approche des élections et une fois les élections passées, rien…

Cette critique existe et on la prend au sérieux. C’est justement pour éviter ça qu’on met en place des mécanismes stricts : accréditation stratégique à quatre niveaux, reporting trimestriel obligatoire, évaluation sur une grille objective (discipline, implantation, résultats, collaboration), et possibilité de suspension en cas de non-respect. Les mouvements qui performent seront soutenus via un Fonds d’appui contrôlé et seront encouragés à travers la soirée des Awards qui leur est dédiée ; ceux qui sont inactifs ou indisciplinés seront réorganisés ou suspendus. On veut des structures durables, pas des initiatives de circonstance.

Quel est le véritable rôle des mouvements associatifs, au sein des structures du parti, en amont de la présidentielle de 2030 ? 

Ils jouent un rôle majeur de mobilisation citoyenne, d’ancrage territorial, de recrutement de nouveaux adhérents et de préparation de la victoire de 2030. Ils sont pleinement intégrés dans la Direction Nationale de Campagne via le pôle « Mouvements de Soutien ». Leur mission est d’aider à l’identification, l’enrôlement, la fidélisation et la production de résultats concrets (parrains, nouveaux militants, présence sur le terrain). On les prépare aussi à être des acteurs durables de l’implantation du PDCI-RDA sur tout le territoire.

Tous les acteurs de ces mouvements sont-ils des militants du PDCI-RDA ? 

La très grande majorité de ces hommes et femmes sont des militants ou sympathisants convaincus du PDCI-RDA. Certains mouvements rassemblent aussi des Ivoiriens qui partagent les valeurs du Président Thiam (non-violence, réconciliation, développement) sans être encore encartés. 

Notre rôle est de les accompagner vers l’adhésion formelle tout en respectant leur sensibilité. L’important, c’est qu’ils acceptent de travailler dans le cadre et sous les orientations du Parti. C’est la condition pour être accrédité. 

Nous disons que les mouvements et associations de soutien ne sont ni une mode passagère, ni un simple appoint électoral. Ils sont aujourd’hui une vraie force vive du PDCI-RDA, pleine d’énergie, de créativité et de proximité avec les populations. Avec la refondation qu’on propose pour le SEMA – désormais tourné vers l’intégration stratégique, la discipline et les résultats concrets – on va transformer cette vitalité en un atout durable et organisé. On ne veut plus seulement des mouvements nombreux, mais des mouvements utiles, disciplinés, complémentaires aux structures statutaires et pleinement au service du projet de société du PDCI-RDA.

Sous la vision claire et rassembleuse du Président Tidjane Thiam, on construit un parti plus fort, plus ancré, plus moderne. Les mouvements ont un rôle décisif à jouer dans la mobilisation pour la victoire de 2025, mais aussi dans la reconstruction d’un grand PDCI-RDA, prêt à gouverner et à redonner espoir aux Ivoiriens.

On appelle donc tous les responsables de mouvements, tous les militants et sympathisants à s’inscrire dans cette dynamique de responsabilité, de discipline et d’unité. Ensemble, structures statutaires et mouvements associatifs, on fera du PDCI-RDA le grand parti gagnant de demain. Vive le PDCI-RDA ! Vive le Président Tidjane Thiam ! Et ensemble, cap sur la victoire en 2030 !

Lainé GONKANOU, Correspondant Régional, avec Afriksoir, le titre et le chapeau étant de la rédaction