À titre d'illustration
Le procès de Dali Sené met en lumière les pratiques douteuses de la BACI et d'Ecobank, accusées d’avoir facilité des virements frauduleux via des procédures non sécurisées. Les révélations soulignent la responsabilité des institutions financières.
Abidjan, 9 février 2026 (crocinfos)---Le procès opposant le ministère public à Dali Sené Patrick, ancien directeur administratif et financier (DAF), a fait un nouveau pas ce lundi 9 février 2026, au Pôle pénal économique et financier (PPEF). Accusé de plusieurs chefs d'inculpation, dont l'association de malfaiteurs, le détournement de fonds publics, le faux et usage de faux, ainsi que le blanchiment de capitaux, M. Sené voit son sort de plus en plus lié aux pratiques des institutions bancaires, en particulier la Banque Atlantique Côte d'Ivoire (BACI) et Ecobank.
Lors de l’audience, l’audition de Moussa Kouyaté, président du Comité national de pilotage du partenariat public-privé (CNP-PPP), a révélé des pratiques bancaires préoccupantes. M. Kouyaté a expliqué que les virements étaient censés être validés via des signatures déposées à la banque, et non par email, comme cela s’est produit. Ce manquement a permis l’exécution de virements frauduleux d'un montant de 429 millions de FCFA, effectués avec des documents falsifiés et versés sur des comptes ouverts à Ecobank, sans son consentement.
Ce témoignage a mis en lumière les failles de la gestion des fonds publics par ces institutions bancaires. La BACI, en particulier, a été interpellée pour avoir validé des virements par email, une procédure pourtant formellement interdite. De plus, Ecobank a été pointée pour avoir ouvert des comptes avec des récépissés de cartes d’identité, facilitant ainsi les transactions illégales. Ces révélations accablent les banques, dont la négligence a facilité la fraude.
Malgré les éléments compromettants, la demande de libération provisoire de M. Sené a été rejetée, et le verdict final est attendu pour le 16 février 2026. L’affaire, qui a pris un tournant décisif, met désormais l'accent sur la responsabilité des institutions financières dans cette affaire de grande envergure.
Sériba Koné
[Dali Sené sera-t-il blanchi ?]
Le président du Comité national de pilotage du partenariat public-privé (CNP-PPP) a requis le remboursement de ses fonds par la Baci. De son côté, Ecobank a reconnu utiliser des récépissés de carte nationale d’identité pour procéder aux retraits bancaires. En attendant l’analyse des images de la caméra de surveillance d’Ecobank, Dali Sené semble avoir subi les conséquences d’un fait dont les tenants et aboutissants restent flous. Son équipe d’avocats place sa confiance en la justice, assurant que leur client sera disculpé dans cette affaire où il est accusé de multiples infractions, notamment l’association de malfaiteurs, le détournement de fonds publics, le faux et usage de faux, ainsi que le blanchiment de capitaux. Cela fait près de deux ans que M. Sené croupit au pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA), anciennement appelé la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA).
Sériba K.