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C R O C I N F O S

[Diomaye Faye et Sonko] La fin brutale du tandem au pouvoir

[Diomaye Faye et Sonko] La fin brutale du tandem au pouvoir

La rupture est consommée entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko

Au Sénégal, le président Diomaye Faye a limogé son Premier ministre Ousmane Sonko, marquant la rupture de leur alliance politique. La séparation ouvre une incertitude sur l’avenir électoral et la stabilité du gouvernement.

ABIDJAN (Côte d’Ivoire), le 23 mai 2026 (crocinfos) — Le divorce est désormais consommé au sommet de l’État sénégalais. Le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin, vendredi 22 mai 2026, aux fonctions de son Premier ministre Ousmane Sonko, son ancien mentor politique, actant la rupture spectaculaire d’un duo qui avait porté l’alternance contre le régime de Macky Sall. L’annonce a été faite par Oumar Samba Ba, secrétaire général de la présidence, dans une déclaration retransmise depuis le Palais de la République. Par décret n°2026-1128 du 22 mai 2026, le chef de l’État a également mis fin aux fonctions des ministres et secrétaires d’État membres du gouvernement, chargés d’expédier les affaires courantes jusqu’à la formation d’une nouvelle équipe. Juridiquement, la décision relève des prérogatives présidentielles : la présidence sénégalaise rappelle que le chef de l’État nomme le Premier ministre et met fin à ses fonctions.

Reste la question centrale : Sonko pourra-t-il revenir par les urnes lors de la prochaine présidentielle ? Son avenir politique demeure incertain, même si de récentes évolutions juridiques pourraient rouvrir la voie à une candidature en 2029. Pour Diomaye Faye comme pour Sonko, la bataille ne fait sans doute que commencer.

Politiquement, le geste est d’une tout autre portée. Ousmane Sonko n’était pas un Premier ministre ordinaire. Frappé d’inéligibilité lors de la présidentielle de 2024, il avait porté Bassirou Diomaye Faye comme candidat de substitution, avant de devenir chef du gouvernement après la victoire du camp Pastef. Ce qui fut présenté comme une fraternité politique s’est progressivement transformée en duel d’autorité, sur fond de divergences économiques, de tensions internes et de rivalités au sein du pouvoir.

La formule est connue : pas deux capitaines dans un bateau. À Dakar, elle prend désormais une dimension institutionnelle. Le président élu reprend la main face à celui qui fut le faiseur de roi. Mais l’éviction de Sonko ouvre une séquence à hauts risques : Pastef conserve un poids majeur à l’Assemblée nationale, et l’ancien Premier ministre dispose encore d’une forte base militante, notamment parmi les jeunes.

Reste la question centrale : Sonko pourra-t-il revenir par les urnes lors de la prochaine présidentielle ? Son avenir politique demeure incertain, même si de récentes évolutions juridiques pourraient rouvrir la voie à une candidature en 2029. Pour Diomaye Faye comme pour Sonko, la bataille ne fait sans doute que commencer.


Athanase Kangah