[Côte d’Ivoire Football] Serey Dié met fin à sa carrière avec les Éléphants

[Côte d’Ivoire Football] Serey Dié met fin à sa carrière avec les Éléphants

Une page se tourne. Le capitaine met fin à sa carrière internationale. Serey Dié Geoffroy, 37 ans, champion d’Afrique des nations en 2015 avec les Éléphant, 60 matches avec l’équipe nationale, deux buts inscrits, a décidé de ranger les crampons.

Abidjan, le 13-2-2022 (crocinfos.net) À Barthelemy Zouzoua Inabo: Une page se tourne. Le capitaine met fin à sa carrière internationale. Serey Dié Geoffroy, 37 ans, champion d’Afrique des nations en 2015 avec les Éléphant, 60 matches avec l’équipe nationale, deux buts inscrits, a décidé de ranger les crampons. Hommage à celui que les Ivoiriens appellent « capitaine courage »

En 2019, Serey Dié avait annoncé la fin de sa carrière internationale. La Côte d’Ivoire venait d’être éliminée en quart de finale de la 31 édition de la CAN 2019, à Suez en Égypte, par d’Algérie. Un but partout au terme du temps réglementaire. Justement, Serey Die avait raté son tir. L’ancien président de la fédération ivoirienne de football, Sidy Diallo, toujours proche de ses joueurs, avait senti le désarroi du capitaine des Eléphants. Il est monté sur le terrain, l’entourer de son affection, comme s’il voulait faire barrage de son corps autour du garçon, pour le couvrir, le protéger des balles virtuelles, des critiques acerbes qui ne manquent pas en pareilles circonstances. Dans la foulée, le milieu de terrain de l’équipe nationale avait annoncé sa décision d’arrêter les compétitions internationales et consacrer ses dernières énergies à son club. Il avait 35 ans.

Un an plus tard, après le changement intervenu à la tête de la sélection nationale, le nouvel entraîneur, Patrice Beaumelle a estimé que Serey Die, vue son expérience et son rapport aux joueurs, pouvait apporter un plus à la stabilité et à la cohésion du groupe et surtout coordonner les relations dans les vestiaires et rassurer les jeunes qui intègrent le groupe. Le capitaine est donc revenu, il a fait plus que la communication d’entreprise: il a rechaussé les crampons et chaque fois qu’il a été appelé sur la pelouse, il y est allé avec le coeur, la détermination, l’engagement que l’on lui connaît.

Sa dernière bataille, il l’a livré au stade de Japoma, à Douala. Il est entré en début de match en jeu, quand la Panthère de Zébizékou, Franck Kessie a quitté ses partenaires, suite à une blessure. Un Lion est monté sur le terrain. Les observateurs ont vu Serey Die dévorer des espaces, à la fois dans le rôle de récupérateur, d’organisateur du jeu, de motivateur sur le terrain. Le chef a tout donné. Mais était écrit quelque part, la Côte d’Ivoire était à son terminus sur les terres, dans le village de Roger Milla, la légende.

Au moment où le joueur range les crampons, comment ne pas se souvenir de ses larmes à Rio de Janeiro, en 2014, pendant l’exécution de l’hymne national de la Côte d’Ivoire! La nation entière avait été émue. Plus encore, quand lui-même a expliqué les raisons de cette émotion impossible à contenir. Tout le parcours de sa souffrance sur le chemin de la gloire. Tout à défilé au cet instant-là, dans son esprit. Il vient de loin. « le fait de se trouver avec Didier Drogba, Didier Zokora et Yaya Gnégnéry, ces joueurs que je voyais à la télévision tous mes sacrifices me sont venus en mémoire. C’est cette vie qui m’a donné mon énergie. Rien ne m’a été donné gratuitement, je ne suis pas milliardaire, mais je n’envie personne. Quand je suis sur le terrain, je pense à ce que j’ai enduré… ».

Au moment où Serey Dié range les crampons comment ne pas penser à 2015 en Guinée Équatoriale. La Côte d’Ivoire, championne d’Afrique pour la deuxième fois de son histoire.

Au moment où Serey Dié part, comment ne pas se souvenir du Centre national de Sport de haut niveau? Il faisait partir des premiers pensionnaires de ce centre créé par l’Etat pour la formation des athlètes de haut niveau. Idée géniale, mal agencée.

L’enfant de Facobly, dans l’Ouest s’en va mais laisse un message très fort aux jeunes: le football est un métier. On ne réussit pas forcément dans cette discipline parce qu’on du talent et des bras longs. Seul le travail, la passion, le cœur, le dépassement des frustrations, la domination des calomnies et des méchancetés, une vie saine, la discipline sont les clés pour atteindre les objectifs.

De son club quartier à l’équipe nationale après une longue traversée de désert qui l’a conduit en Tunisie et en Suisse, il en a vues des vertes et des pas mûres…

La chronique de Fernand Dédeh

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