[Côte d’Ivoire Présidentielle 2020] Les clés de la paix entre les mains de Macron

[Côte d’Ivoire Présidentielle 2020] Les clés de la paix entre les mains de Macron

-Tout se joue cette semaine

Abidjan, le 30-08-2020 (https://crocinfos.net/) La semaine qui commence à partir de ce lundi 31 août 2020 sera décisive pour la paix en Côte d’Ivoire. Pour cause, Alassane Ouattara est depuis, le mercredi dernier à paris (France) pour une rencontre au sommet avec son homologue français. Le communiqué officiel parle cependant d’un séjour privé. À d’autre !

Il ne faut pas s’y tromper. Alassane Ouattara est à Paris pour répondre à la convocation d’Emmanuel Macron. Il va faire devant le Président français, un grand oral sur la crise pré-électorale en Côte d’Ivoire. Une sorte de rapport d’étape de la mise en œuvre de son projet controversé de troisième mandat consécutif. Les tueries massives consécutives à la répression féroce des manifestations de l’opposition et surtout le rapport accablant de l’Ong Amnesty International font désordre. Les Etats-Unis en ont ajouté une couche, cassant du coup les codes diplomatiques en appelant le gouvernement ivoirien à plus de respect du droit de manifester et des droits de l’homme tout court.

On imagine bien que le non-respect de la Constitution nègre de la Côte d’Ivoire ne trouble pas plus que de raison le sommeil du Président français. Depuis la grande comédie de la Baule, tous les gouvernements qui se sont succédé en France s’accommodent bien des frasques des autocrates africains francophones. L’indignation de Paris est à géométries réglables et surtout en très bonne intelligences avec ces intérêts, nombreux et multiformes dans son pré carré africain. On comprend dès lors le mutisme sonore du jeune Président français qui est un digne héritier de la tradition gaulliste.

Ce que Paris apprécie moins, c’est ce regard indiscret que l’Ong internationale de défense des droits de l’homme jette sur les petites affaires intérieures de la Côte d’Ivoire, la tête avancée de l’impérialisme français en Afrique francophone et au-delà, sur le reste du continent. Ce qui est particulièrement intolérable pour la France officielle, c’est cette grosse patte de l’ogre américain sur le dossier ivoirien, donc son contrôle pourrait bien échapper à la France. La mission d’Alassane Ouattara sera donc de donner tous les gages d’une maîtrise totale  de la situation en Côte d’Ivoire. Ce qui est loin d’être le cas.

Les manifestations de rue vont crescendo et pourraient s’étendre très rapidement à toutes les localités du pays. Plus l’échéance constitutionnelle de la présidentielle du 31 octobre 2020 approche, plus il devient de plus plus clair, que cette date sera intenable. Aucun des protagonistes de la crise pré-électorale ne semble vouloir s’en laisser conté. La stratégie d’Alassane Ouattara a été jusque-là de s’arc-bouter sur toutes ses positions. La réforme de la commission centrale et des commissions locales de la Commission électorale indépendante (Cei), l’audit de la liste électorale, la question de sa propre éligibilité. Sur tous ses points, le champion du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) est resté inflexible. Au point que les critiques de cette attitude d’intransigeance fusent de partout. La dernière en date est celle du député européen, le Français Thierry Mariani qui soutient dans un Tweeter du jeudi 27 août 2020 qu’ « En Côte d’Ivoire, les présidentielles ressemblent à une farce : viol de la Constitution par le Président sortant Ouattara (briguant un 3ème mandat) et élimination des concurrents ».

Les marches de l’opposition, toutes les expressions d’indignation ou de condamnation ne peuvent réussir à infléchir le Chef d’État ivoirien. Seule la voix d’Emmanuel Macron a vraiment du poids à ses yeux. Il sait qu’il est l’homme de la France. C’est ce pays qui lui a fait la courte échelle  pour qu’il accède au pouvoir en 2010 et qui sécurise ce pouvoir. Pour rien au monde, Alassane Ouattara ne voudrait perdre ce traitement de faveur. Comme susdit, un troisième mandat ou un quinzième d’Alassane Ouattara ne pose pas de problème particulier à Paris. Par contre, ce que la France officielle tolérerait moins, c’est de revivre un Rwanda-bis. Le gouvernement d’alors de François Mitterrand avait été accusé, après coup, d’avoir prêté main discrètement main forte aux génocidaires. Depuis, les relations entre Kigali de Paul Kagamé et Paris ont un goût de jus de chaussette. Un passage en force d’Alassane Ouattara à la présidentielle pourrait aboutir à un drame de la même dimension de celui vécu au Rwanda.

‘’Les marches de l’opposition, toutes les expressions d’indignation ou de condamnation ne peuvent réussir à infléchir le Chef d’État ivoirien. Seule la voix d’Emmanuel Macron a vraiment du poids à ses yeux.’’

Il y a aussi que la Côte d’Ivoire n’est pas n’importe quel pays en Afrique de l’ouest. Tous les pays limitrophes ont des millions de ressortissants en Côte d’Ivoire. Une implosion de ce pays entrainerait  chaos et désolation dans toute la sous-région où la France a l’essentiel de son pré carré africain. Les djihadistes qui sont à l’affut au Niger, au Burkina Faso et au Mali auraient ainsi une autoroute devant eux pour prendre pied sur le littoral du golfe de Guinée comme ils en ont toujours  nourri l’intention toujours.

Comme on le voit, les clés de la paix et du chaos en Côte d’Ivoire sont entre les mains du Président français Emmanuel Macron. Ce qu’il décidera déterminera la conduite prochaine d’Alassane Ouattara. Il sera autorisé à foncer tête basse dans le mur ou au contraire obligé de freiner des quatre fers si tels sont les ordres de Paris. Il retournerait au pays, après son séjour hexagonal, la fleur au fusil et, dans un discours bien à propos, il ne manquera pas de mettre en avant, son amour inaltérable pour la Côte d’Ivoire. Il pourrait alors annoncer son retrait de la course au pouvoir. Comme par enchantement, les clameurs d’indignation venant de toutes parts s’estomperaient d’elles-mêmes.  Comme un orage de fin de saison. Si à cette annonce, les points de contentieux qui crispent en ce moment l’atmosphère socio-politique font l’objet d’un consensus intelligent, définitivement, l’harmonie et la concorde retrouvées chasseront le démon de la mort qui rôde autour de la Côte d’Ivoire.

Tous les yeux et les oreilles en Côte d’Ivoire sont donc dressés pour voir et entendre ce que décidera Emmanuel Macron.

Théodore Sinzé    

-Tout se joue cette semaine

Abidjan, le 30-08-2020 (https://crocinfos.net/) La semaine qui commence à partir de ce lundi 31 août 2020 sera décisive pour la paix en Côte d’Ivoire. Pour cause, Alassane Ouattara est depuis, le mercredi dernier à paris (France) pour une rencontre au sommet avec son homologue français. Le communiqué officiel parle cependant d’un séjour privé. À d’autre !

Il ne faut pas s’y tromper. Alassane Ouattara est à Paris pour répondre à la convocation d’Emmanuel Macron. Il va faire devant le Président français, un grand oral sur la crise pré-électorale en Côte d’Ivoire. Une sorte de rapport d’étape de la mise en œuvre de son projet controversé de troisième mandat consécutif. Les tueries massives consécutives à la répression féroce des manifestations de l’opposition et surtout le rapport accablant de l’Ong Amnesty International font désordre. Les Etats-Unis en ont ajouté une couche, cassant du coup les codes diplomatiques en appelant le gouvernement ivoirien à plus de respect du droit de manifester et des droits de l’homme tout court.

On imagine bien que le non-respect de la Constitution nègre de la Côte d’Ivoire ne trouble pas plus que de raison le sommeil du Président français. Depuis la grande comédie de la Baule, tous les gouvernements qui se sont succédé en France s’accommodent bien des frasques des autocrates africains francophones. L’indignation de Paris est à géométries réglables et surtout en très bonne intelligences avec ces intérêts, nombreux et multiformes dans son pré carré africain. On comprend dès lors le mutisme sonore du jeune Président français qui est un digne héritier de la tradition gaulliste.

Ce que Paris apprécie moins, c’est ce regard indiscret que l’Ong internationale de défense des droits de l’homme jette sur les petites affaires intérieures de la Côte d’Ivoire, la tête avancée de l’impérialisme français en Afrique francophone et au-delà, sur le reste du continent. Ce qui est particulièrement intolérable pour la France officielle, c’est cette grosse patte de l’ogre américain sur le dossier ivoirien, donc son contrôle pourrait bien échapper à la France. La mission d’Alassane Ouattara sera donc de donner tous les gages d’une maîtrise totale  de la situation en Côte d’Ivoire. Ce qui est loin d’être le cas.

Les manifestations de rue vont crescendo et pourraient s’étendre très rapidement à toutes les localités du pays. Plus l’échéance constitutionnelle de la présidentielle du 31 octobre 2020 approche, plus il devient de plus plus clair, que cette date sera intenable. Aucun des protagonistes de la crise pré-électorale ne semble vouloir s’en laisser conté. La stratégie d’Alassane Ouattara a été jusque-là de s’arc-bouter sur toutes ses positions. La réforme de la commission centrale et des commissions locales de la Commission électorale indépendante (Cei), l’audit de la liste électorale, la question de sa propre éligibilité. Sur tous ses points, le champion du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) est resté inflexible. Au point que les critiques de cette attitude d’intransigeance fusent de partout. La dernière en date est celle du député européen, le Français Thierry Mariani qui soutient dans un Tweeter du jeudi 27 août 2020 qu’ « En Côte d’Ivoire, les présidentielles ressemblent à une farce : viol de la Constitution par le Président sortant Ouattara (briguant un 3ème mandat) et élimination des concurrents ».

Les marches de l’opposition, toutes les expressions d’indignation ou de condamnation ne peuvent réussir à infléchir le Chef d’État ivoirien. Seule la voix d’Emmanuel Macron a vraiment du poids à ses yeux. Il sait qu’il est l’homme de la France. C’est ce pays qui lui a fait la courte échelle  pour qu’il accède au pouvoir en 2010 et qui sécurise ce pouvoir. Pour rien au monde, Alassane Ouattara ne voudrait perdre ce traitement de faveur. Comme susdit, un troisième mandat ou un quinzième d’Alassane Ouattara ne pose pas de problème particulier à Paris. Par contre, ce que la France officielle tolérerait moins, c’est de revivre un Rwanda-bis. Le gouvernement d’alors de François Mitterrand avait été accusé, après coup, d’avoir prêté main discrètement main forte aux génocidaires. Depuis, les relations entre Kigali de Paul Kagamé et Paris ont un goût de jus de chaussette. Un passage en force d’Alassane Ouattara à la présidentielle pourrait aboutir à un drame de la même dimension de celui vécu au Rwanda.

‘’Les marches de l’opposition, toutes les expressions d’indignation ou de condamnation ne peuvent réussir à infléchir le Chef d’État ivoirien. Seule la voix d’Emmanuel Macron a vraiment du poids à ses yeux.’’

Il y a aussi que la Côte d’Ivoire n’est pas n’importe quel pays en Afrique de l’ouest. Tous les pays limitrophes ont des millions de ressortissants en Côte d’Ivoire. Une implosion de ce pays entrainerait  chaos et désolation dans toute la sous-région où la France a l’essentiel de son pré carré africain. Les djihadistes qui sont à l’affut au Niger, au Burkina Faso et au Mali auraient ainsi une autoroute devant eux pour prendre pied sur le littoral du golfe de Guinée comme ils en ont toujours  nourri l’intention toujours.

Comme on le voit, les clés de la paix et du chaos en Côte d’Ivoire sont entre les mains du Président français Emmanuel Macron. Ce qu’il décidera déterminera la conduite prochaine d’Alassane Ouattara. Il sera autorisé à foncer tête basse dans le mur ou au contraire obligé de freiner des quatre fers si tels sont les ordres de Paris. Il retournerait au pays, après son séjour hexagonal, la fleur au fusil et, dans un discours bien à propos, il ne manquera pas de mettre en avant, son amour inaltérable pour la Côte d’Ivoire. Il pourrait alors annoncer son retrait de la course au pouvoir. Comme par enchantement, les clameurs d’indignation venant de toutes parts s’estomperaient d’elles-mêmes.  Comme un orage de fin de saison. Si à cette annonce, les points de contentieux qui crispent en ce moment l’atmosphère socio-politique font l’objet d’un consensus intelligent, définitivement, l’harmonie et la concorde retrouvées chasseront le démon de la mort qui rôde autour de la Côte d’Ivoire.

Tous les yeux et les oreilles en Côte d’Ivoire sont donc dressés pour voir et entendre ce que décidera Emmanuel Macron.

Théodore Sinzé    

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