« Si le pays est en feu, n’existe pas, il n’y a pas de partis politiques », prévient le ministre Bertin Kouadio Konan

« Si le pays est en feu, n’existe pas, il n’y a pas de partis politiques », prévient le ministre Bertin Kouadio Konan

Le ministre de la Réconciliation et de la Cohésion sociale, Bertin Kouadio Konan, a reçu les initiateurs du concept Rava, entendez par-là, Retour aux valeurs ancestrales, le mardi 11 mai 2021, à son cabinet sis au 8e étage de la Tour administrative A. Il a profité de l’occasion pour donner de sages conseils et mettre balle à terre : « Si le pays est en feu, n’existe pas, il n’y a pas de partis politiques »

Abidjan, le 12-05-21 (crocinfos.net) Le ministre de la Réconciliation et de la Cohésion sociale, Bertin Kouadio Konan, a reçu les initiateurs du concept Rava, entendez par-là, Retour aux valeurs ancestrales, le mardi 11 mai 2021, à son cabinet sis au 8e étage de la Tour administrative A. Il a profité de l’occasion pour donner de sages conseils et mettre balle à terre : « Si le pays est en feu, n’existe pas, il n’y a pas de partis politiques ».

La photo de famille

La photo de famille. Le président du Rava, Alex Yao (en boubou rouge), aux côtés du ministre Bertin Konan Kouakou

Le ministre de la Réconciliation et de la Cohésion sociale, Bertin Kouadio Konan, a écouté le porte-parole du Rava (Retour aux valeurs ancestrales), Jean Pierre René N’Gouandi qui, au nom du président du concept, Jean-Paul Yao Kouakou Alexis ou Yao Alex a présenté le concept. « La mission première de la jeunesse est d’apprendre ; celle des adultes est d’enseigner ; les vieillards, eux, ont pour mission de diriger et guider la communauté selon les valeurs ancestrales, car une personne sans culture est comme un arbre sans racines », a indiqué le porte-parole.

Prenant la parole, le ministre Bertin Kouadio Konan a félicité le promoteur et s’est engagé à accompagner l’initiative. « Je suis heureux de vous recevoir. Vous aurez une bonne séance de travail avec mes collaborateurs pour nous aider nous-mêmes, à comprendre suffisamment, dans les moindres détails, comment vous pourriez nous aider à accompagner le processus », a-t-il suggéré.

À l’en croire, la paix sociale et la stabilité sont nécessaires pour un pays comme la Côte d’Ivoire. Il a profité de l’occasion pour expliquer aux membres du Rava, les raisons de son soutien à Alassane Ouattara : « Moi, j’ai fait le choix d’aider le Président Alassane Ouattara, fusse-t-il président d’un autre parti politique. J’ai fait le choix de l’aider, de l’accompagner pour rebâtir la paix et la consolider ». Non sans être plus explicite « les partis politiques sont au service d’un peuple, d’un pays. Si le pays est en feu, n’existe pas, il n’y a pas de partis politiques ».

Pour le ministre de la Réconciliation et de la Cohésion sociale, ‘’plus rien ne sera possible si on n’accepte pas d’aller à la réconciliation’’. « Nous avons cinq ans pour le faire. On ne peut pas y arriver si les Ivoiriens eux-mêmes n’y adhèrent pas. Toutes les activités ça et là doivent concourir à accompagner le processus pour donner, au moins une chance de réussite à la consolidation de la paix. Quelque soit notre bord politique, nous sommes obligés de transformer ce pays-là en un havre de paix » a conseillé Bertin Kouadio Konan.

Par ailleurs, le premier conseiller du président du Rava,  Zoromé Mamadou, a félicité le ministre de la Réconciliation et de la Cohésion sociale et exprimé toute la gratitude des membres du concept. La cérémonie a pris fin par des présents offerts par le Rava au ministre et une photo de famille.

Bienvenue R. Kwado

L’intégralité du discours du Rava lu devant le ministre Bertin Kouadio Konan

‘’Les mécanismes sociaux traditionnels offrent des ressources autochtones sous-estimées de gestion des conflits’’, selon le Rava

Il y a toujours de l’espoir jusqu’à ce qu’on perde ses repères, sa dignité, alors gardons de la perdre. Et nous garder toujours à l’esprit qu’aucune situation bonne ou mauvaise n’est définitive.

Tenez bon et restez optimiste en puisant vos ressources dans nos valeurs ancestrales, car l’arbre qui honore ses racines ne manquera jamais de sève. Elle doit accepter de supporter les différentes saisons du cycle de la nature avec ses racines bien ancrées dans la terre, mère nourricière, tant en période de sécheresse qu’en période hivernale.

N’abandonnez jamais vos racines parce qu’elles ne vous ont pas fourni assez de sève alors qu’elles traversaient une saison sèche, pour d’autres racines dont les branches sont vertes car elles aussi ont leurs différentes saisons y compris la saison sèche.

‘’Nous vous prions en toute humilité de vous tourner vers nos us et coutumes. Nous vous suggérons le retour à nos valeurs ancestrales pour la réussite de votre notre noble mais combien de fois délicate œuvre de réconciliation’’

Sachez également, Monsieur le ministre, que les racines d’un arbre étranger aussi puissantes soient-elles n’ont le pouvoir de nourrir les branches d’un autre arbre, c’est la loi de la nature. Mais par l’extraordinaire, si elles y parviennent, les fruits issus de cette aberration n’auront aucune saveur.

Le discours du porte-parole du Rava (Retour aux valeurs ancestrales), Jean Pierre René N’Gouandi

Le discours du porte-parole du Rava (Retour aux valeurs ancestrales), Jean Pierre René N’Gouandi

Alors nous vous prions en toute humilité de vous tourner vers nos us et coutumes. Nous vous suggérons le retour à nos valeurs ancestrales pour la réussite de votre notre noble mais combien de fois délicate œuvre de réconciliation. Nous vous y encourageons car ailleurs en Afrique avec pour repère le sacré, la justice traditionnelle est arrivée à régler les conflits, à panser les cœurs blessés et à recoudre le tissus bien en lambeaux.

Une des grandes questions auxquelles doivent faire face les démocraties sortants d’un conflit civil est : comment gérer au mieux le douloureux héritage de la violence passée –Souvent bien trop récente – tout en préservant la fragile harmonie sociale qui caractérise Fréquemment les sociétés post-conflit ? Doit-on en priorité traduire en justice les auteurs des violations des droits humains et ainsi combattre la culture d’impunité qui caractérise tant de conflits civils ? Ou est-il plus important de s’atteler d’abord à des mesures qui favoriseront la paix et la stabilité, et avec elles les perspectives de récupération à plus long terme pour le pays ?

‘’En Afrique, en particulier, les mécanismes sociaux traditionnels offrent des ressources autochtones sous-estimées de gestion des conflits’’

Ces questions sont complexes, pourtant la dynamique des conflits contemporains nous oblige à en tenir compte.

Dans les régions touchées par des guerres civiles et des troubles violents, les aspects critiques des agendas nationaux post-conflit permettent rarement des « solutions » faciles et généralisables. Il est de plus en plus largement admis que les meilleures ressources – et, de ce fait, les meilleures « réponses » – aux nombreux dilemmes apparemment insolubles qu’implique la gestion des conséquences d’un conflit violent se trouvent dans les pays eux-mêmes.

‘’Les mécanismes traditionnels peuvent dans certains cas compléter efficacement les systèmes judiciaires conventionnels et offrir un véritable potentiel de promotion de la justice, de la réconciliation et de la culture démocratique’’

En Afrique, en particulier, les mécanismes sociaux traditionnels offrent des ressources autochtones sous-estimées de gestion des conflits. À la suite de l’expérience rwandaise des gacaca, version « modernisée » d’une forme autochtone de règlement des litiges qui a été développée et appliquée au lendemain du génocide de 1994, la communauté internationale s’intéresse de plus en plus au rôle potentiel des mécanismes traditionnels dans les stratégies de réconciliation et de justice transitionnelle. Plus récemment, en Ouganda, pays déchiré par la violence depuis vingt ans, le débat sur les rôles respectifs de la Cour pénale internationale (CPI) et des pratiques de réconciliation traditionnelles des Acholi montre que les mécanismes traditionnels prennent de l’importance parmi les politiques envisagées afin de parvenir à un règlement pacifique.

Les mécanismes traditionnels peuvent dans certains cas compléter efficacement les systèmes judiciaires conventionnels et offrir un véritable potentiel de promotion de la justice, de la réconciliation et de la culture démocratique.

Et le rôle joué par les mécanismes de justice traditionnelle dans la gestion de l’héritage de conflits violents dans cinq pays d’Afrique à savoir : le Rwanda, le Mozambique, l’Ouganda, la Sierra Leone et le Burundi est édifiant.

Alors, nous à RAVA, nous disons qu’au lieu de ranger aux calendes grecques nos us et coutumes, le temps de les mettre au gout du jour pour nous aider à résorber nos problèmes est arrivé. Car en effet tant qu’il y aura un fromager ; un seul tapeur qui se souvient du rythme ; les génies répondront toujours à l’appel.

Je vous remercie

PO du président, Yao Alex, le porte-parole, Jean Pierre René N’Gouandi

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