[Simple avis] Voici pourquoi nous ne serons pas Pptte ou Ciptte (Par Pascal Kouassi)

[Simple avis] Voici pourquoi nous ne serons pas Pptte ou Ciptte (Par Pascal Kouassi)

Depuis janvier 2019, le Premier ministre est passé devant le président de la République. Toutes les réalisations et autres actes de générosité ont une seule référence, le PM. Même quand il est en examen sanitaire de routine en France.

Abidjan, 03-06-2020 (lepointsur.com) La Côte d’Ivoire ne sera pas pays pauvre Très Très endetté (PPTTE). Car si ce n’est pas eux, ce sera Quelqu’un des Leurs. Jean de La Fontaine nous a enseigné cela à travers sa pathétique fable : “Le Loup et l’Agneau’’.

Quand nous empruntons de l’argent pour notre développement, il y a des gens qui s’en inquiètent, ils crient sur tous les toits que le pouvoir actuel est en train de surendetter la Côte d’Ivoire. Ils poussent les cris des plus alarmistes. Ils peuvent être sereins et pour cause.

Toutes les réalisations infrastructurelles et les dons ont deux noms : le président de la République et le Premier ministre. Depuis janvier 2019, le Premier ministre est passé devant le président de la République. Toutes les réalisations et autres actes de générosité ont une seule référence, le PM. Même quand il est en examen sanitaire de routine en France.

“Alors, quand le moment du remboursement des crédits viendra, il ne faudra pas que l’on nous demande de nous Rabaisser encore en disant à nos créanciers que nous sommes devenus PPTTE ou CIPTTE (pays pauvre Très Très endetté ou Côte d’Ivoire pauvre Très Très endettée). Nous ne subirons pas une seconde humiliation’’

Et comme les Ivoiriens sont très reconnaissants, ils ne manquent aucune occasion de leur traduire leur gratitude à travers des cérémonies d’hommage et de louanges dans tout le pays. Le ton avait été donné dans la région de la Mé. Et les autres ont suivi. C’est Corona qui est venue perturber quelque peu l’expression de ces reconnaissances. Des cadres se cotisent à hauteur de millions pour organiser des cérémonies d’hommage. Les greniers et le cheptel des paysans sont également mis à rude épreuve pour ces louanges : 50 tonnes de riz, 20 tonnes d’ignames, 10 bœufs, 10 000 poulets et œufs… Sans compter les attributs royaux. Toutes ces expressions de gratitude se manifestent à l’égard du PR et du PM parce qu’ils ont bien investi dans les constructions de ponts, de routes, de châteaux d’eau, d’électrification et réalisations diverses.

“On a l’impression que la Côte d’Ivoire n’a pas d’argent et que c’est le PR et son PM qui en ont et nous en offrent en aumône. Le vice-président même n’en a pas, alors c’est rare de le célébrer. On a l’impression qu’ils étaient assis quelque part et qu’on était allé les supplier pour qu’ils viennent nous rendre service.’’

On emprunte de l’argent pour réaliser un programme de gouvernement proposé et approuvé par la population à travers son vote. Et on va louer des bâches, des chaises, confectionner des pagnes, des t-shirts pour célébrer nos bienfaiteurs. On a l’impression que la Côte d’Ivoire n’a pas d’argent et que c’est le PR et son PM qui en ont et nous en offrent en aumône. Le vice-président même n’en a pas, alors c’est rare de le célébrer. On a l’impression qu’ils étaient assis quelque part et qu’on était allé les supplier pour qu’ils viennent nous rendre service. Rendons donc à César ce qui est à César. C’est le PR et le PM qu’on glorifie pour leurs actions de développement et leurs actes de générosité. Alors, quand le moment du remboursement des crédits viendra, il ne faudra pas que l’on nous demande de nous Rabaisser encore en disant à nos créanciers que nous sommes devenus PPTTE ou CIPTTE (pays pauvre Très Très endetté ou Côte d’Ivoire pauvre Très Très endettée).

Nous ne subirons pas une seconde humiliation. En effet, c’est dégradant d’aller concevoir des plans pour aller dire, avec des visages de deuil, à nos bienfaiteurs que nous sommes devenus pauvres très endettés, que par conséquent, nous ne pouvons rembourser leurs prêts que nous avons paraphés en souriant. Ce sont ceux qui récoltent aujourd’hui les lauriers et la gloire qui doivent payer. S’ils ne sont plus là, leurs enfants, leurs familles ou quelqu’un des leurs doivent payer. Logique, non ? Qu’on ne chante pas la litanie “l’État, c’est la continuité’’. Actuellement, ce n’est pas l’État qui investit, c’est le PR et le PM.

Par Pascal Kouassi

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